Comment peut-on rassembler nos jeunes autour de notre culture québécoise?

 

 18 mars 2021

Au Québec, la culture a toujours eu un rôle de premier plan pour exprimer notre réalité particulière et nous rassembler autour de ce qui nous distingue.  Dans le cadre de la Journée internationale de la francophonie, la Commission de la Relève de la CAQ propose de valoriser notre langue par la création d’un corpus commun de grandes œuvres de la littérature québécoise pour toutes les écoles primaires et secondaires du Québec.

La littérature québécoise, de Louis Hémon à Kim Thúy, en passant par Michel Tremblay, regorge de grandes œuvres qui ont contribué à nous définir comme Québécois, et qui doivent être transmises entre les générations pour assurer la vitalité de notre différence à l’ère de Netflix et de l’hégémonie culturelle américaine.

Transmettre un héritage

L’une des premières missions de l’école est d’être un lieu de transmission de la culture, afin que les générations montantes héritent d’un bagage culturel qui les précède et qu’elles enrichiront à leur tour. En sélectionnant des grandes œuvres littéraires que tous les élèves du Québec seront appelés à lire, on assurera mieux que jamais la vivacité de notre culture.

Ces livres importants, qui ont contribué à édifier l’identité québécoise comme on la connaît aujourd’hui, méritent d’être lus par les plus jeunes, afin de les aider à comprendre tout le chemin parcouru dans notre histoire singulière. Avec un cursus littéraire commun, l’école québécoise sera plus à même de remplir sa mission de transmettre un héritage aux citoyens de demain.

Rassembler autour d’une culture commune

À l’heure où la société devient de plus en plus atomisée, nous avons besoin de la culture comme jamais pour bâtir des ponts entre tous les Québécois. En enseignant un cursus d’œuvres marquantes de la littérature québécoise à tous les élèves du Québec, nous pourrons rassembler les citoyens de toutes origines autour d’une culture commune que nous partageons comme Québécois.

La culture permet aussi de créer des liens entre les générations, et les classiques de notre littérature ont traversé les années parce qu’elles ont su exprimer une part de notre unicité. Des références partagées sont nécessaires pour garantir la cohésion de notre peuple. C’est pour créer ces références communes qu’il est primordial de faire lire nos œuvres les plus marquantes dans toutes les écoles primaires et secondaires du Québec.

Pour affronter l’avenir en restant nous-même, il faut connaître notre passé et ce qui nous distingue. La culture est le meilleur véhicule pour y parvenir. Instaurer un cursus commun des grandes œuvres littéraires québécoises, c’est donc réaliser pleinement la mission de l’école québécoise : transmettre un héritage partagé afin d’unir les Québécois autour de ce que nous avons en commun.

24 heures sans réseaux sociaux, comment survivre?

 

 26 février 2021

En tant que jeune adulte, je suis, à l’instar des autres membres de mon groupe d’âge, assez accroché à mes réseaux sociaux. Facebook, Instagram, Twitter, Tik Tok, j’en ai plusieurs, et je les utilise, en général, plusieurs heures par jour. D’autant plus que mon emploi actuel nécessite une certaine activité sur les réseaux sociaux, disons que le fait de passer 24 heures sans ces derniers n’est pas quelque chose que je fais naturellement. À présent que c’est fait, disons que je peux résumer mon expérience en trois points principaux :

  • Changement de routine
  • Moins de procrastination
  • Sentiment général de mieux-être

Tout d’abord, passer une journée sans mes réseaux sociaux a changé considérablement ma routine et mes habitudes de vie. En me réveillant le matin, disons que j’ai eu un petit moment d’incertitude en constatant que je n’avais aucune notification apparaissant sur mon téléphone cellulaire. Encore endormi, il m’a fallu une bonne trentaine de secondes avant de me rappeler que j’avais éteint toutes mes notifications en vue de ma journée sans réseaux sociaux.

Ma routine matinale implique d’habitude une quinzaine de minutes durant lesquelles je réponds à mes messages, je vais regarder mes fils d’actualité Facebook, Instagram et Twitter en plus de passer un quinze minutes supplémentaire sur Tik Tok. Me retrouvant ainsi dépourvu de tous mes réseaux sociaux, je me suis levé assez rapidement et j’ai discuté avec ma copine pendant que je déjeunais, laissant mon téléphone dans ma chambre. Cet aspect est important, dans la mesure où habituellement, je le porte constamment sur moi.

J’avoue qu’au début de la journée, j’avais le réflexe assez fréquent de tenter de sortir mon téléphone cellulaire pour aller voir ce que les réseaux sociaux avaient de nouveau pour moi, mais plus la journée avançait, moins le besoin de me connecter surgissait. Je pourrais même dire qu’à la fin de la journée, je n’y pensais même plus. C’est comme si le réflexe de constamment vouloir être connecté, vouloir répondre à des messages ou vouloir savoir ce qui se passe ailleurs s’amenuisait au fur et à mesure que la journée avançait. On passe tellement de temps à vouloir savoir ce qui se passe dans la vie des autres qu’on oublie parfois de regarder à l’intérieur de notre propre maison.

Ensuite, passer une journée sans réseaux sociaux m’a permis d’avoir une journée beaucoup plus productive. En effet, on a tendance à sous-estimer la quantité de temps que peuvent gober les réseaux sociaux dans une journée. Je vous mets au défi d’activer la fonction « Temps d’écran » sur votre téléphone (pour ceux qui possèdent un iPhone), ce qui vous donnera un rapport détaillé du temps quotidien que vous passez sur chaque application. Le résultat est souvent plus grand qu’on pense et même un peu déprimant.

Pour ma part, disons qu’au lieu d’ouvrir un ou l’autre de mes réseaux sociaux chaque fois que j’avais un temps mort dans ma journée, j’en ai profité pour m’avancer sur des choses que j’avais à faire. J’ai fait des lectures scolaires, que je procrastine généralement, j’ai lu un livre, ce que je n’avais pas fait depuis des mois, j’ai joué aux cartes, j’ai pris une marche au soleil ayant complètement oublié à quel point il pouvait faire beau au mois de février, bref, j’ai fait tout un tas de choses qui m’ont donné un réel sentiment d’accomplissement à la fin de ma journée, que je n’aurais probablement pas en ayant eu accès à mes réseaux sociaux.

Finalement, un élément qui m’a frappé, mais auquel je ne m’attendais pas est à quel point j’avais moins mal aux yeux et mal à la tête en fin de journée. Habituellement, j’ai toujours les yeux un peu fatigués qui me piquent, ainsi qu’un petit mal de tête en fin de journée. J’ai toujours assumé que ces symptômes étaient dus à la fatigue de ma journée, mais apparemment pas du tout. Je n’avais jamais réalisé à quel point passer moins de temps sur des écrans dans ma journée me fatiguait les yeux. De plus, j’ai eu beaucoup plus de facilité à m’endormir, alors qu’habituellement je fais toujours un peu d’insomnie. On peut donc dire que passer du temps sans réseaux sociaux, et donc en utilisant sensiblement moins de mon écran que d’habitude m’a fait vivre un sentiment de mieux être physique.

En bref, je ne dis pas que je vais balancer mes applications mobiles à la corbeille et supprimer mes comptes sur les réseaux sociaux, loin de là, mais l’expérience de passer 24 heures sans avoir accès à ces derniers m’a fait réaliser la quantité de perte de temps et d’énergie que je consacrais à simplement regarder mon téléphone cellulaire sans rien faire de productif. Il y a moyen pour tous de réduire nos temps d’écran et de s’en sentir mieux. Je sais qu’en temps de pandémie, les réseaux sociaux nous permettent de garder contact avec le monde, mais si vos proches vous manquent, composez leur numéro et parlez-leur au téléphone. Je vous garantis qu’entendre leur voix vous fera plus de bien que n’importe quel message écrit.

Selon vous, la CAQ aura quel âge, cette année? 10 ans, 15 ans ou 20 ans?

 

 19 février 2021

Avant de répondre, prenez le temps de réaliser que, depuis sa fondation, la CAQ a vécu, pas une ni deux, mais trois élections générales. Oui, trois élections. Alors, selon vous, quel âge a la CAQ?

La réponse… c’est 10 ans. En fait, ce n’est même pas tout à fait vrai, car la CAQ aura officiellement 10 ans, le 14 novembre prochain. Comme le verre à moitié plein ou le verre à moitié vide, on serait tenté de dire « Déjà 10 ans? Ce que le temps passe vite! » ou, au contraire, « Seulement 10 ans? Ce qu’ils en ont vécu des choses en si peu de temps! »

Effectivement, quand on regarde la petite histoire de la CAQ, on est forcé d’admettre qu’elle a dû, dès le départ, mettre les bouchées doubles. D’autant plus que la CAQ se voulait, au départ, un mouvement et non un parti.

Pour ceux et celles qui aiment les belles histoires…

On dira ce que l’on voudra, mais il y a toujours une belle histoire derrière la naissance de quelque chose. Il y a toujours une fébrilité, où la volonté de réussir se mêle à la crainte de ne pas y arriver. Il y a toujours aussi une stratégie bien planifiée qui, au moment opportun, reçoit un sérieux coup de pouce de ce qu’on appelle le hasard heureux, celui qui fait si bien les choses et qui veut bien nous laisser croire que chacun fait sa chance. L’histoire de la CAQ n’y fait pas exception.

L’idée derrière la CAQ a été lancée, il y a 10 ans, le 21 février 2011. Un groupe de douze personnes, ayant à leur tête François Legault et Charles Sirois, ont alors présenté à la presse leur manifeste intitulé Coalition pour l’avenir du Québec. Ce manifeste de huit pages jetait les bases d’un regroupement dont la conviction profonde était que « le Québec peut et doit faire mieux », et ce, dans tous les secteurs : éducation, santé, économie, confiance dans les institutions et ses représentants, etc.

Au départ, la démarche de la Coalition pour l’avenir du Québec se voulait apolitique et non partisane. Tout ce qu’elle désirait, c’était de lancer le débat et d’ouvrir divers chantiers de réflexion sur l’avenir du Québec. Mais ce manifeste a reçu un tel appui que l’idée de créer un parti s’est mise à germer de plus en plus, et c’est ainsi que la CAQ (Coalition avenir Québec) est née officiellement le 14 novembre 2011.

Comme l’idée de la création d’un parti se discutait déjà depuis un certain temps, la CAQ a accepté, en octobre 2011, « d’intégrer à son comité stratégique un observateur silencieux : le journaliste Alec Castonguay » du magazine l’Actualité. « Le but : documenter le lancement d’un parti qui, avant même d’être créé, trônait en tête des sondages, un événement rarissime dans les annales du Québec. »

Et c’est ainsi qu’Alec Castonguay est devenu « La Chaise », parce qu’il était là, assis dans un coin, silencieux, à prendre des notes… pour pouvoir, au terme de six mois d’immersion, raconter en long et en large la belle aventure de la CAQ, dans un texte de 32 pages intitulé Dans le ventre de la CAQ. (Un texte à lire, si vous aimez les belles histoires et si vous êtes aussi amateurs de suspense.)

Dans ce récit d’Alec Castonguay, on y apprend que François Legault ne voulait pas, au départ, être le chef du parti. Qu’il avait d’abord tenté de convaincre Lucien Bouchard.

Ce n’est qu’après ce refus que François Legault a réalisé ce que sa garde rapprochée savait déjà depuis longtemps : qu’il était sans doute le mieux placé pour diriger le parti. La Coalition avenir Québec de François Legault est ainsi née officiellement le 14 novembre 2011.

Ce jour-là, la température a atteint un record de 19 degrés Celsius. Et il était heureux que le temps soit aussi clément, car tout s’est mis à débouler…

Un mois plus tard, le 13 décembre, la CAQ de François Legault annonce une possible fusion avec l’ADQ de Gérard Deltell. Le 19 décembre, quatre députés indépendants décident de se joindre à la CAQ. Il s’agit de Marc Picard et Éric Caire, ex-adéquistes, et de Daniel Ratthé et Benoit Charrette, ex-péquistes. Le 14 février 2012, jour de la Saint-Valentin, l’union de la CAQ et l’ADQ est officiellement scellée. En tout, ce sera 9 députés qui se sont joints à la CAQ.

Le 12 août, la CAQ présente sa première plateforme électorale, sous la forme d’un Plan de relance pour le Québec, plan qui comporte pas moins de 94 engagements en éducation, en santé, en économie, en langue et culture et en intégrité de l’État.

Et le 4 septembre 2012, après seulement 10 mois d’existence, la CAQ vivait ses toutes premières élections générales et faisait élire 19 députés dans un gouvernement minoritaire du Parti québécois. Jamais, dans l’histoire du Québec, un parti politique aussi jeune (10 mois) n’avait fait élire autant de députés.

Et tant qu’à s’habituer aux premières, le Québec retournait en élection, 19 mois plus tard, le 7 avril 2014, et la CAQ remportait cette fois 22 sièges dans un gouvernement majoritaire du Parti libéral.

Si on résume, en seulement deux ans et demi, la CAQ avait déjà deux élections au compteur, et était devenue un parti bien ancré dans le paysage politique québécois.

Et pour la première fois de sa jeune existence, la CAQ avait enfin quatre ans devant elle pour préparer les prochaines élections.

L’élection partielle du 2 octobre 2017

Les élections partielles servent souvent à envoyer des messages au gouvernement en place, surtout quand elles ont lieu dans un château fort du parti au pouvoir. L’élection partielle du 2 octobre 2017 dans Louis-Hébert a plutôt envoyé un message sans équivoque possible. Après le départ de Sam Hamad, qui avait gagné cinq élections consécutives sans grandes difficultés, c’est Geneviève Guilbault de la CAQ qui remporte Louis-Hébert avec une majorité écrasante de 51%. Cette élection partielle marque un tournant, et avec cette victoire étincelante, la CAQ vient de démontrer qu’il faudra compter sur elle, dans un an, à l’élection générale.

Le 23 septembre 2018

À une semaine du vote, les sondages donnent la CAQ et les Libéraux nez à nez, et tous les scénarios sont encore possibles. Tellement que Philippe J. Fournier, de Québec125,  avance une hypothèse, sous forme de question : « La victoire pour la CAQ, et le vote populaire pour le PLQ? », laissant envisager un gouvernement minoritaire. Et pourtant…

Le 1er octobre 2018

Après 6 ans et 10 mois d’existence, et une campagne exigeante et serrée, la CAQ déjoue tous les pronostics (sauf ceux des stratèges de la CAQ), n’ayant besoin que de 19 minutes pour être déclarée vainqueur et 34 minutes pour être élue majoritaire, en remportant 74 sièges. Le 1er octobre 2018, la CAQ entrait dans l’histoire.

Ce qui est peut-être le plus remarquable dans cette histoire, c’est l’adhésion de si nombreux Québécois de tous les horizons. Des centaines de milliers de femmes et d’hommes se sont reconnus et ont décidé d’embarquer dans le train. La coalition d’origine est devenue un véritable parti populaire et un gouvernement de proximité.  La CAQ n’a mis que 6 ans et 10 mois pour passer de l’idée de quelques-uns au gouvernement de tous…

En route vers le 10e anniversaire…

Pour célébrer ses 10 ans, la CAQ a décidé de profiter de toute l’année pour faire connaître les principaux acteurs de son histoire. Au fil des mois, vous pourrez suivre nos baladodiffusions avec des personnes-clés de cette belle aventure de la CAQ. Vous pourrez lire, sur les réseaux sociaux, des portraits de ceux et celles qui ont jalonné son histoire : du premier employé au premier employé « payé », en passant par le premier député élu, le premier comptable, la première lampe de bureau… sans oublier Chuck, l’employé le plus fidèle et la seule mascotte de la CAQ à ce jour.

Bien sûr, il y a aura aussi plein de surprises tout au cours de l’année. Parce que 10 ans, ça mérite quand même d’être souligné.

D’ici là, et d’ici à ce qu’on vienne à bout de la pandémie (et qu’on puisse enfin fêter tout ça ensemble), prenez soin de vous, gardez vos distances, portez un masque et lavez-vous les mains.

En terminant, toute l’équipe de la CAQ aimerait remercier, au nom de tous ses membres et collaborateurs, les 12 signataires du Manifeste du 21 février 2011.

 

François Legault, cofondateur Charles Sirois, cofondateur
Bruno-Marie Béchard Marinier Lionel Carmant
Jean Lamarre Sylvie Lemaire
Michel Lemay Chantal Longpré
Marie-Ève Proulx Stéphanie Raymond-Bougie
Anie Samson Jean-François Simard

 

Merci d’avoir mis la CAQ au monde.

Et surtout, surtout, merci aux milliers de membres et aux centaines de milliers de Québécois qui nous font confiance.

Je persévère, et vous?

 
Je persevere, et vous?

 12 février 2021

La vie d’avant me manque. Je vous comprends. Je nous comprends. Ça me manque, mais ça va revenir. J’ai confiance en nous.

Ça me manque. Dans la dernière année, on m’a souvent dit que je ne pouvais pas comprendre. Que, derrière mon ordinateur, comme tout le monde, je ne pourrai jamais saisir la difficulté des études en ligne.

Je suis ce que la plupart pourraient considérer comme une étudiante modèle. J’ai une mère russe qui m’encourage à toujours aller plus loin. Je participe activement en classe et j’ai reçu des mentions distinctes pour mes résultats académiques. En fait, c’est pour ça qu’on m’a dit que je ne pourrai pas comprendre, parce que l’école c’est supposément « facile » pour moi. Mais c’est quoi la facilité ?

Dans les dernières années, mes études m’ont permis de me doter de deux fidèles compagnons que j’appelle TOC et Anxiété. L’un me permet de me ronger les ongles au sang et l’autre me donne la chance d’avoir une peur compulsive de tout. Depuis plus de 5 ans, je prends des médicaments pour contrôler les effets néfastes de mes deux amis.

La facilité est relative. On la vit tous de manière différente et mon expérience n’invalide pas celle des autres. On est tous dans le même bateau, isolés et confinés, où notre ordinateur est devenu la pagaie qui nous guidera jusqu’à l’île la plus proche. Sur cette île, j’y ai retrouvé du réconfort, une tranquillité d’esprit que j’ai recherché pendant longtemps. De mois en mois, j’ai cessé de prendre ce que je considérais être ma ligne de vie. Et chaque mois, j’avais l’impression que ma tête sortait de l’eau pour enfin respirer.

Dans la dernière année, je me suis accomplie. Encore plus que ce que j’aurai pu croire possible dans le contexte actuel. J’ai cessé de prendre mes médicaments, non pas par indiscipline, mais parce que je n’en ressentais plus le besoin. Pour la première fois, cette année, je n’ai pas explosé en larmes par manque de sommeil ou par stress de ne pas avoir assez étudié pour un examen. J’ai appris à aimer les petits bonheurs de l’école en ligne. Pouvoir rester en pyjama toute la journée, déjeuner à 10 h en écoutant mon cours de russe, faire une sieste entre deux cours, ou encore me découvrir de nouvelles passions plutôt que de faire 1 h de métro chaque jour.

La passion. C’est ce qui nous allume, ce qui nous donne hâte au lendemain ou encore ce qui nous réconforte. Pour certains, ce sera la peinture, pour d’autres, la cuisine. En ce qui me concerne, j’ai pris ce temps supplémentaire pour redonner, et pour remercier la vie de ma situation en aidant autrui. Par le bénévolat, je me suis accomplie comme étudiante, mais également comme humaine.

La vie d’avant me manque. Dans la dernière année, avec des contacts humains limités, je me suis retrouvée à penser à moi de manière égoïste. À ce qui m’inspirait, à ce que je voulais, ce que j’aimerais changer ou encore ce que j’avais oublié que j’aimais. On pourra dire ce que l’on voudra, mais la pandémie nous a permis, à tous, de faire une introspection sur nous-mêmes. Tout ce qui nous manque reviendra, mais ce temps que nous avons gagné, que nous avons investi de manière différente, va nous affecter pour toujours.

Je crois qu’il est temps de se remercier soi-même et de se laisser parler d’amour. Il est temps de se soutenir entre étudiants pour que nos pagaies deviennent également celles de ceux qui ne peuvent plus ramer. Il est temps aussi de montrer notre appréciation à toutes ces personnes qui nous entourent, qui participent à notre réussite académique, à tous ces enseignants et employés de soutien qui peinent à voir le bout. À toutes ces personnes qui continuent de nous encourager à poursuivre nos efforts jusqu’au bout et qui prennent soin de nous en ces moments difficiles, c’est à notre tour de vous remercier.

La vie d’avant vous manque, hein ? Je vous comprends. Je nous comprends. Ça me manque aussi. Mais ça va revenir. J’ai confiance.

Une étudiante qui persévère.

Et si on enseignait la santé mentale à l’école?

 
Et si on enseignait la santé mentale à l’école?

 29 janvier 2021

Le contexte actuel de pandémie ainsi que les mesures de confinement rappellent l’importance d’enjeux parfois négligés dans notre société. La santé mentale en fait partie. C’est pourquoi la Commission Relève de la CAQ croit que les élèves des écoles primaires et secondaires devraient recevoir un enseignement sur la santé mentale.

En effet, 86 % des psychologues sondés par l’Ordre des psychologues rapportent avoir constaté une hausse importante de la détresse psychologique ainsi qu’une exacerbation des symptômes chez leurs clients. Pour pallier ce problème, la Commission Relève de la CAQ croit fermement qu’une partie de la solution se trouve dans l’enseignement de la saine gestion de la santé mentale chez les jeunes.

L’adolescence est, avec l’enfance, la période de la vie où le développement physique, social et psychologique de la personne est le plus marqué. Tristement, plusieurs enfants et adolescents vivent dans des environnements malsains qui les rendent plus à risque de développer des problèmes de comportements et de dépendances dans leur vie adulte, d’où l’importance de privilégier cette période pour agir et éliminer des problèmes futurs graves.

Les écoles primaires et secondaires se positionnent comme un lieu privilégié pour y parvenir. Le cours d’éthique et culture religieuse, qui est voué à une révision prochaine, traite de la formation personnelle et sociale qui est requise pour être un citoyen modèle. Il serait donc cohérent d’ajouter du contenu et des ressources sur la santé mentale et la gestion des émotions dans ce cours. Le cours d’éducation physique et à la santé traite également du développement global de la personne alors que tant les habiletés individuelles, sociales, que l’éthique et la saine gestion des habitudes de vie y sont abordées. La santé psychologique s’intègrerait donc très bien dans cette vision globale du développement.

Si nous voulons éviter une vague supplémentaire, soit celle de la détresse psychologique, nous devons donner les moyens nécessaires à la future génération afin qu’elle puisse lutter par elle-même contre les problèmes de santé mentale.

Qu’est-ce qu’on se souhaite pour 2021?

 
Qu’est-ce qu’on se souhaite pour 2021?

 28 décembre 2020

La question est sur toutes les lèvres. Mais avec l’année que l’on vient de connaître, personne ne veut trop s’avancer à formuler quelque vœu que ce soit. Souvenez-vous… on avait tellement hâte à 2020. On attendait tellement des nouvelles années 20…

Moi, le premier. J’imaginais que 2020 serait une année magique, une sorte de vrai début de quelque chose. Mais ce fut plutôt la triste fin de quelque chose. La fin d’un monde, le monde d’avant.

Or tout ce qui marque la fin de quelque chose marque forcément le début d’autre chose. Le début d’un monde nouveau, d’un monde neuf : le monde d’après. Voilà qui m’apparaît stimulant à souhait.

Alors, qu’est-ce qu’on se souhaite pour 2021?

Comme « chat échaudé craint l’eau froide », si on commençait simplement par se souhaiter une meilleure année que 2020? Ce serait déjà extraordinaire, non? Mieux vaut peut-être rester modestes sur les souhaits, quitte à être plus ambitieux sur les engagements.

Dire que tout allait si bien en 2019. Dire que l’année 2020 avait si bien commencé. Qui aurait pu prévoir, le 1er janvier, qu’un virus aurait contaminé plus de 65 millions de personnes dans le monde? Et qu’il en aurait tué plus de 1,5 million avant la fin de l’année?

Qui aurait dit qu’un minuscule virus aurait le pouvoir de clouer au sol des milliers d’avions, fermer les hôtels, comme les théâtres, ou mettre en danger un nombre effarant de commerces de toutes sortes?

« Annus horibilis » dirait la reine d’Angleterre, mais pas pour les mêmes raisons que la fatidique année 1992, qu’elle jugea horrible pour la royauté.

Mais aussi « horribilis » qu’elle fut, l’année 2020 a quand même connu quelques bonnes nouvelles. À commencer par la réduction spectaculaire des GES partout sur la planète. Quand on arrête l’économie, faut dire qu’il n’y a plus grand-chose qui roule. On peut se réjouir aussi du résultat inespéré d’une certaine élection qui a eu lieu près de chez nous et qui risque d’avoir une incidence positive sur la marche du monde. Mais la meilleure nouvelle, c’est sans contredit la grande solidarité qui est apparue partout dans le monde avec le coronavirus. Une sorte de retour à l’humain. De retour au respect. Où chacun prend soin de l’autre.

Je reste ému encore de certains gestes spontanés qui ont été posés à travers le monde durant la première vague. Comme ces Italiens qui chantaient au balcon, pour exprimer leur volonté de ne pas baisser les bras devant le virus. Ou les Québécois qui, chaque soir à 20h30, faisaient flasher leurs lumières pour remercier les anges gardiens du réseau de la santé. Ou ces autres Québécois qui allaient faire l’épicerie des plus vulnérables. Tous ces élans de solidarité et de fraternité nous auront montré que l’être humain pouvait être grand quand il le fallait.

Alors, qu’est-ce qu’on se souhaite pour 2021?

De continuer sur notre lancée? De rester au service et à l’écoute les uns des autres quoiqu’il advienne? Pourquoi pas? On peut être tout ça en même temps. La pandémie nous l’a appris. En nous forçant à garder nos distances, elle nous a rapprochés. Nos grands-parents n’ont jamais reçu autant d’appels. Nos parents, nos frères et nos sœurs, non plus. Des couples fraîchement séparés se sont remis ensemble pour mieux passer au travers et ils ont réalisé à quel point ils tenaient l’un à l’autre. (Je le dis, car je connais au moins deux cas.)

La pandémie a peut-être fait beaucoup de mal, mais elle nous a forcés à remettre nos valeurs à la bonne place. Et ça, c’est aussi une bonne nouvelle.

Alors, qu’est-ce qu’on se souhaite pour 2021?

Le plus beau souhait…

Je n’aurais jamais pensé que le plus beau souhait puisse être un vaccin. Et encore moins de le recevoir pour Noël!

– Pis, qu’est-ce que j’te souhaite de bon pour 2021?

– D’être vacciné au plus vite.

– C’est tout?

– Oui, j’veux rien de plus.

Alors, je nous souhaite tous un vaccin en 2021. Et un vaccin pour tous. Je nous le souhaite parce qu’on est tous tannés de porter un masque et de garder nos distances. Je nous le souhaite parce qu’on a tous hâte d’embrasser nos proches, nos amis, et de leur faire un gros câlin. L’être humain a besoin d’être en relation. Il n’est pas fait pour le confinement. Il a besoin des autres pour respirer, rire, aimer.

Alors, oui. Le plus beau souhait pour 2021, ce n’est pas un grand voyage. Ce n’est pas une nouvelle maison, un nouvel enfant, un mariage ou une promotion… Le plus beau souhait, c’est un vaccin. Et même si je viens au dixième rang dans la liste des priorités de vaccination, même si ça risque d’être à la fin de l’été, j’ai hâte d’être vacciné. Parce que la seule chose qui peut donner le goût de tout le reste, c’est le vaccin. C’est tout ce que ça prend pour qu’on puisse se remettre à vivre tranquillement. Et entrer dans le monde post-pandémique : le monde d’après.

D’autres souhaits pour 2021…

Que les êtres humains comprennent qu’on est tous nés de la même terre, et qu’on habite tous la même maison : la planète (et plus particulièrement le Québec en ce qui nous concerne).

Que l’on prenne tous l’engagement de prendre soin des plus vulnérables de notre société, car un pays n’est jamais aussi riche que ses plus fortunés, mais bien toujours aussi pauvre que ses plus démunis.

Que tous ceux et celles qui ont perdu leur emploi le retrouvent et qu’ils voient à nouveau l’avenir avec optimisme.

Que l’achat local perdure et que l’on continue d’encourager les créateurs, les fabricants, les producteurs et les marchands d’ici.

Que les théâtres, les salles de spectacles et les cinémas rouvrent leurs portes pour de bon, et que les artistes continuent à nous faire réfléchir, à nous bercer et à nous faire grandir.

Que l’on se questionne sur la complexité du monde, pour chercher à mieux le simplifier.

Que l’on se remette à rêver un peu à ce que sera demain. Que la poésie retrouve sa place dans nos vies.

Que l’humanité redevienne humaine et non plus désemparée au point de foncer sur des gens en Allemagne, tuer des gens à Québec ou assassiner froidement des agriculteurs au Nigéria.

Et que chacun prenne soin de la planète comme si c’était son salon, sa chambre, son lit.

Je suis heureux que la plupart des chefs d’État semblent partager les mêmes souhaits.

Mais tous ces souhaits seront vains, si on ne se fait pas vacciner. Tous ces souhaits commencent par le vaccin.

Alors, vivement le vaccin!

Et en attendant d’être tous vaccinés, faisons tout pour qu’il n’y ait pas de troisième vague. Faisons tout pour prendre soin les uns des autres.

Et souhaitons-nous une belle année 2021…

 

Post-scriptum

Je sais que tout le monde – et ça m’inclue! – se demande si l’économie va reprendre en 2021. Eh bien sachez que, selon des experts, tout indique que la reprise sera bonne au Québec pour l’année qui vient. Voilà qui nous encourage. Bonne année!

Voeux du temps des fêtes

 

 17 décembre 2020

Tous les membres du Conseil exécutif national de la CAQ vous souhaitent un très heureux temps des fêtes.

« Que ce temps des fêtes vous apporte de la douceur pour vous reposer, et de la force pour continuer.
Qu’il vous permette de clore des histoires et d’en commencer de nouvelles.
Qu’il soit surtout nourri par l’espoir du Québec que nous bâtissons ensemble.
Toute la famille élargie de la CAQ souhaite sincèrement vous voir heureux, prospère et en santé en 2021. Nous allons continuer de travailler en ce sens avec acharnement et conviction.
Bonne année 2021! »

Sarah Beaumier, Présidente

« Je souhaite que l’esprit des fêtes vous apporte, la paix, la chaleur humaine, l’empathie et l’amour de la famille. Que ces moments intimistes de festivités soient riches de joies et de gaietés. Que la nouvelle année déborde de bonheur et de prospérité et que tous les vœux formulés deviennent réalités.
Bonne année 2021 et bonne santé à toute votre famille! »

Suzanne Labbé, Vice-présidente dans l’Ouest-du-Québec

« Je profite de cette occasion pour vous souhaiter de la proximité et du bonheur en ce temps des fêtes. Rappelons-nous les beaux moments de nos souvenirs avec nos proches, nos amis, notre famille. Débutons l’année 2021 avec de l’optimisme et de l’ambition. Soyons forts tous ensemble.
Bonne année! »

Benoît Rochefort, Vice-président dans l’Est-du-Québec

« En ce beau moment de l’année, ayons une petite pensée pour ceux et celles qui vivent dans la solitude. Nous avons vécu, cette année, beaucoup d’adversité, mais l’espoir d’une nouvelle vie approche avec l’année qui vient. Joyeuses fêtes dans la quiétude de votre foyer à vous et à tous vos proches. »

Marc Baaklini, Président de la Commission politique

« Que cette année nouvelle nous ouvre ses portes pour nous donner l’élan dont nous avons tous besoin pour construire un avenir plein d’espoir et de réussite. Je nous souhaite la force et le courage de relever tous les défis économiques, sociaux et familiaux qui nous attendent.
Que cette nouvelle année 2021 rime avec passion, énergie et réalisation!
Tout seul, on va plus vite… Ensemble, on va plus loin…
Que tous nos vœux pour 2021 se réalisent! »

Christiane Gamache, Vice-présidente dans l’Est-du-Québec

« C’est une année de deuil qui se termine. Nous sommes appelés à réaliser que la pandémie est une occasion inespérée de revoir toutes nos façons de faire et de vivre. La crise sanitaire a accéléré le virage écologique de la CAQ et la transition vers un Québec plus vert et plus prospère.
Débutons donc une nouvelle année avec des souhaits remplis d’espoir! »

Gilles Brien, Vice-président dans l’Ouest-du-Québec

« Au nom de la Relève, j’aimerais vous souhaiter un joyeux temps des Fêtes ! Profitez de cette période pour vous reposer et être avec ceux qui vous sont chers. »

Keven Brasseur, Président de la Commission de la Relève de la CAQ

Et une année 2021 réconfortante à souhait.

L’achat local, est-ce que ça vaut la peine?

 

 23 novembre 2020

Oh que oui!

Le 4 avril 2020, le premier ministre, François Legault, invitait les Québécois à encourager l’achat local. « Il faut acheter québécois, il faut acheter local, c’est important pour nos entreprises québécoises, et puis c’est important pour nos travailleurs/travailleuses québécois de ces entreprises-là. »

Si la pandémie nous a appris une chose, c’est qu’il est devenu important, partout sur la planète, de dépendre le moins possible du reste du monde. Les Américains ont payé une cargaison de masques « cash » pour qu’elle soit détournée vers les États-Unis plutôt que d’être livrée, comme prévu, en France. La plupart des pays ont dû donner dans la surenchère pour éviter la catastrophe qu’aurait occasionnée un manque d’équipement de protection. Le libre-échange est vite devenu un « free for all » et, surtout, un « au plus fort la poche ».

Cette course à l’équipement en a fait réfléchir plusieurs. Face à la mondialisation tous azimuts, la plupart des pays se sont mis à douter de leur capacité à s’autosuffire, et ont commencé à mettre en place des mesures protectionnistes, comme la promotion de l’achat local.

Et même si on l’associe beaucoup à l’autonomie alimentaire, l’achat local englobe un champ beaucoup plus vaste d’activités et d’intervenants.

Qu’est-ce que l’achat local?

L’achat local, c’est d’abord une décision. Une décision d’encourager ses concitoyens. Acheter local, c’est encourager les créateurs de sa région, de sa province ou de son pays, avant d’encourager ceux qui viennent d’ailleurs. C’est aussi préférer les fabricants d’ici, avant ceux d’ailleurs et favoriser les producteurs de chez nous, avant ceux d’ailleurs. Et c’est aussi magasiner d’abord chez les détaillants québécois, avant d’aller chez leurs concurrents étrangers.

C’est penser à notre monde avant de penser au reste du monde.

Mais l’achat local, ce n’est pas juste bon pour nous, les citoyens, ça vaut aussi pour les commerçants qui choisissent de s’approvisionner localement plutôt qu’à l’étranger. Ça vaut aussi pour les entreprises qui décident de privilégier des ententes avec des partenaires locaux plutôt que partenaires étrangers.

Qui dit local dit aussi circuit court

En plus de permettre à des gens d’ici de faire de bonnes affaires, l’achat local permet aussi de favoriser les circuits courts en matière de transport, ce qui a, comme tout le monde sait, un impact réel sur la réduction de nos émissions de GES. Alors plus on achète local, plus on s’assure que les produits qu’on achète n’ont pas fait le tour de la Terre avant d’arriver jusqu’à nous.

Les experts estiment que les aliments que nous mangeons parcourent en moyenne entre 2 500 et 5 000 kilomètres avant d’aboutir dans notre assiette. Pour vous donner une idée, si vous décidez de faire un riz frit au poulet, le riz à lui seul devra parcourir plus de 9 000 kilomètres, alors que le poulet parcourra en moyenne 50 kilomètres.

Mieux encore, selon le MAPAQ (ministère de l’Agriculture, des pêcheries et de l’alimentation du Québec), « si les Québécois remplaçaient 30$ par année de produits étrangers par des aliments produits ici », le Québec récolterait 1 milliard de dollars de plus en cinq ans. Et tout cet argent pourrait être réinvesti en agroalimentaire et créer des emplois chez nous.

C’est fou toutes les retombées (économiques comme écologiques) que peut amener l’achat local.

Pourquoi acheter local?

La première des raisons, c’est pour soutenir l’économie locale. Qu’il s’agisse de fruits ou légumes frais, ou bien d’un fabricant de meubles du Québec, l’achat local permet de faire rouler l’économie locale. Et comme on encourage des travailleurs québécois, on leur permet à leur tour d’acheter local et d’encourager d’autres travailleurs québécois. Il y a ainsi un effet domino non négligeable.

La deuxième raison, c’est la qualité des produits. Les produits du Québec répondent à des normes de qualité et des normes environnementales bien souvent plus sévères qu’ailleurs dans le monde. Selon le Fonds de solidarité FTQ, l’achat local, c’est aussi plus équitable, parce que les normes du travail québécoises nous en offrent toutes les garanties.

La troisième raison, c’est la proximité, ce qui veut dire moins de kilomètres sur les routes, donc moins de GES. Le site Meuble du Québec compte pas moins de 142 fabricants de meubles québécois, dont 41 qui font du mobilier de chambre à coucher et 22 du mobilier de salle à manger. De son côté le Panier bleu offre l’accès à 19 902 commerces et à 472 365 produits québécois. Et ça ne cesse de croître de jour en jour.

La quatrième raison, c’est la fraîcheur. Quand un concombre est cueilli tout près de chez vous, il a bien meilleur goût tout en ayant une plus grande valeur nutritive, car il a atteint sa maturité dans le champ plutôt que dans le transport.

La cinquième raison, c’est de pouvoir faire des économies en choisissant des produits de saison. Car les fruits et légumes de saison « sont toujours plus abordables lorsqu’on les achète au bon moment. »

Et une sixième raison d’acheter local, c’est sans doute la raison qui plairait le plus au premier ministre : la fierté. Et si on achetait local aussi parce qu’on est fier d’être Québécois? Si on achetait local parce qu’on est fier de nos créateurs, de nos producteurs, de nos fabricants et de nos détaillants? Si on achetait d’eux pour leur dire de continuer leur bon travail, parce qu’ils nous inspirent et qu’ils nous donnent le goût d’acheter leurs produits? Après tout, tous ces gens sont aussi une source de fierté. Et s’ils sont fiers de cultiver la terre, de créer ou de fabriquer des biens de consommation, pourquoi ne serions-nous pas fiers d’acheter, de porter ou de goûter leurs produits?

Et si personne, ici, ne fabrique le produit que l’on cherche…

Ce ne sont pas, bien sûr, tous les produits qui sont fabriqués ou produits au Québec. On ne se mettra quand même pas à produire des ananas!  Mais à défaut de trouver un produit d’ici, on peut toujours bien au moins aller faire nos achats chez un détaillant d’ici. Par exemple, Simons ne fabrique peut-être pas ses vêtements, mais plusieurs d’entre eux ont été conçus au Québec, par des designers québécois. Dans tous les secteurs d’activités, le Québec regorge de détaillants locaux qui créent des emplois et s’impliquent dans leur communauté. Pourquoi ne pas les encourager, même en ligne, plutôt que d’acheter sur Amazon ou autres multinationales?

Acheter local, on l’a dit, c’est aussi encourager les détaillants québécois.

Tout le monde doit faire sa part

Tout le monde, ça veut dire vous, moi, nos voisins, nos cousines, nos parents, nos enfants, nos patrons, nos employés. Et nos différents paliers de gouvernement aussi, bien évidemment. C’est d’ailleurs dans ce sens que le gouvernement du Québec a lancé le 22 septembre dernier « sa première stratégie pour favoriser l’achat d’aliments québécois dans les institutions publiques ». Qu’est-ce ça mange en hiver? En gros, ceci. Le gouvernement veut augmenter « de façon considérable la part d’aliments de chez nous achetés par nos institutions ». Il s’agit d’un changement important pour que toutes les institutions publiques – hôpitaux, écoles, CHSLD, etc. – fassent de l’achat québécois une priorité dans leur approvisionnement d’ici 2025. 

Et quand la pandémie sera finie…

Quand la pandémie sera finie, il y a de fortes chances que l’achat local sera encore plus nécessaire que jamais. Et qu’il nous faudra ajouter le tourisme local, le tourisme gourmand. Il nous faudra racheter des billets de spectacle, retourner au théâtre, dans les musées, dans les festivals…

Et il faudrait surtout se dire – se promettre! – que l’on va remettre, dans l’économie québécoise, une partie des économies que la pandémie nous a obligés à faire.

Ce sera une façon de leur dire à quel point tout ça nous a manqué…

Regardez-vous la soirée électorale américaine?

 
Regardez-vous la soirée électorale américaine?

 30 octobre 2020

Il n’y a pas que les Américains qui joueront gros mardi soir prochain. Les Québécois et les Canadiens aussi, tout comme le reste du monde.

Peu importe le résultat, les élections présidentielles américaines de cette année risquent de marquer un tournant important sur la scène mondiale. Parce que les États-Unis assument un rôle de leader à l’international depuis près d’un siècle. Et parce que la vision des deux candidats à ce sujet est radicalement différente.

Une victoire de Biden voudrait essentiellement dire le retour de l’Amérique que l’on connaissait sous la présidence Obama. Une Amérique qui ne rechigne pas à intervenir dans des conflits outre-mer et qui mène le bal de la mondialisation.

Une victoire de Trump voudrait probablement dire – quoique toute prédiction en ce qui le concerne demeure hasardeuse – la suite du repli américain face aux grandes organisations internationales comme l’OMC, l’OMS et l’OTAN.

Ces deux visions produiraient des effets très concrets au Québec. Voici cinq enjeux clés de ce côté-ci de la frontière :

  1. L’ambition du Québec d’être la batterie verte du nord-est de l’Amérique
  2. Le contrôle de la pandémie et l’arrivée d’un vaccin
  3. Les tarifs protectionnistes
  4. Les mesures protectionnistes du Buy American
  5. Le leadership américain sur la scène mondiale

À qui la maison blanche?

Mais d’abord, la question qui est sur toute les lèvres : qui gagnera la présidence?

Il faut préciser qu’il est possible qu’on ne connaisse pas le gagnant avec certitude le soir des élections. La forte proportion de votes par la poste rendra le décompte plus compliqué et plus long. Si on est devant un résultat serré, il se peut qu’on ne puisse pas savoir qui logera à la maison blanche dans les quatre années à venir.

Ceci dit, pour le moment, ni les experts, ni les sondages ne suggèrent que la course sera particulièrement serrée. Au niveau national, Biden maintient son avance d’une dizaine de points sur Trump depuis plusieurs semaines. Et quand on scrute les fameux « Swing State », les états clés qui feront pencher la balance, Biden est là aussi largement favori.

Le très réputé média d’analyse de sondages Five Thirty Eight – comme le nombre de votes du collège électoral, 538, qui détermineront le candidat victorieux – donne 89% de chances de victoire pour Biden. Le scénario le plus probable lui accorde les deux tiers des 538 votes du collège électoral.

Concrètement, ça veut dire que Trump devrait faire mentir les sondages dans huit états où il traîne de la patte pour l’emporter. Ce n’est pas impossible. On lui donne 11% de chances d’y arriver, pas zéro. À titre de comparaison, ses chances en 2016 tournaient autour de 30%.

C’est possible que Trump fasse mentir les pronostics une fois de plus. Après tout, la marge de manœuvre de Biden dans les états clés comme la Floride ou la Caroline du Nord n’est que d’environ 2%. Pour la Pennsylvanie, là où tout pourrait se jouer, on parle d’une avance d’environ 5% pour le démocrate. C’est au-delà de la marge d’erreur des sondages, mais un engouement plus fort que prévu des républicains pour sortir voter pourrait tout changer.

Bref, à quelques jours du vote, Biden semble être en avance, mais rien n’est joué.

La batterie verte québécoise

Revenons au Québec.

La présidence Trump a changé beaucoup de chose ici. Elle a compliqué certains éléments de nos relations avec les États-Unis, mais elle ne nous a pas empêchés d’avancer sur plusieurs fronts. Notamment celui de la vente d’hydroélectricité.

Il y a quelques semaines, New York a reconnu l’hydroélectricité québécoise comme une énergie propre. Ça ouvre la porte à d’immenses contrats d’exportation vers la Grosse Pomme, qui vise à être alimentée uniquement par de l’énergie renouvelable d’ici 2040. Ça fait suite à d’autres importantes avancées dans les dernières années, notamment un contrat de 10 milliards de dollars avec le Massachusetts pour l’achat de notre hydroélectricité.

Le raisonnement est simple. Le Québec dispose d’importants surplus d’hydroélectricité; une énergie propre, fiable et à faible coût. Précisément ce que cherchent plusieurs de nos voisins en Nouvelle-Angleterre pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. En leur vendant nos surplus, le Québec s’enrichit et la Nouvelle-Angleterre se verdit. C’est plus de richesse et moins de GES des deux côtés de la frontière. C’est gagnant-gagnant.

L’enjeu se joue surtout à l’échelle des gouverneurs d’État, mais la présidence a aussi un rôle important. Un président plus sensible à l’enjeu des changements climatiques exercerait un leadership auprès des États et ferait grandir l’appétit de nos voisins pour notre énergie propre.

C’est le cas de Biden, qui promet une Amérique carboneutre et entièrement nourrie à l’énergie propre d’ici 2050, avec de premiers objectifs dès 2025. Pour y arriver, les États-Unis auront besoin de beaucoup plus d’énergie verte. C’est exactement ce que le Québec peur leur offrir. Et en imposant une forme ou une autre de taxe sur le carbone, le gouvernement américain ferait en sorte d’augmenter le prix des énergies fossiles, ce qui rendrait l’hydroélectricité québécoise encore plus compétitive.

La pandémie et son vaccin

Avec la fermeture des frontières, on a parfois l’impression que chaque pays, chaque province et chaque état gère la pandémie à sa manière, sans trop influencer ses voisins. C’est en partie vrai, mais nous dépendons encore beaucoup les uns des autres.

Le Québec a toutes les raisons de souhaiter une gestion efficace de la pandémie au sud de la frontière. D’abord parce qu’on souhaite du bien à nos alliés. Ensuite parce qu’une pandémie contrôlée veut dire une relance économique plus rapide, et qu’une économie américaine en meilleure santé profitera aux Québécois.

Biden et Trump ont chacun leur vision pour combattre le virus. Trump favorise une plus grande réouverture malgré une forte contagion, alors que l’approche de Biden se rapproche un peu plus de celle qu’on connait au Canada et au Québec. Les Américains devront trancher entre ces deux visions opposées.

Au-delà des mesures pour prévenir la propagation du virus, il y a aussi la question du vaccin. Certaines des plus grandes compagnies pharmaceutiques se trouvent aux États-Unis et il est possible que le premier vaccin efficace sorte de là.

Que Biden ou Trump soient élus n’accélérera probablement pas le développement du vaccin, qui est déjà bien en marche. Par contre, ça pourrait avoir un impact sur la rapidité de sa distribution. Trump a montré qu’il n’hésite pas à bloquer l’approvisionnement à ses alliés s’il le juge nécessaire. En avril, il ne s’était pas gêné pour interdire la vente de masques N95 au Canada. Personne ne sait si Biden aurait agi de la même façon, mais on sait qu’il prône une plus grande coopération avec l’OMS et ses alliés à l’international sur la gestion de la pandémie. On peut croire que la distribution d’un vaccin américain sous une présidence Biden obéirait à ce principe.

Les tarifs protectionnistes

« Les Américains sont nos meilleurs amis, que nous le voulions ou non ». C’est un dénommé Robert Thompson, alors chef du Parti Crédit social à Ottawa, qui a prononcé cette célèbre phrase en 1960. Encore aujourd’hui, on pourrait difficilement mieux décrire notre relation commerciale avec les États-Unis.

Une bonne partie de notre économie dépend de celle du géant américain. Plus des deux tiers de nos exportations y sont destinés. Nos deux économies sont profondément intégrées. Ça représente des milliers d’emplois des deux côtés de la frontière. Si les États-Unis décident de s’engager sur la route du protectionnisme, le Québec en subira forcément les conséquences.

Les deux candidats penchent vers cette option, dans une certaine mesure. Ce serait faux de croire que Biden s’oppose complètement au protectionnisme de Trump, même si ses méthodes sont différentes. Traditionnellement, ce sont les démocrates qui ont tendance à défendre le protectionnisme, alors que les républicains sont plus souvent partisans du libre-échange.

La manifestation classique du protectionnisme, c’est l’imposition de tarifs sur les produits étrangers. Nos producteurs d’acier et d’aluminium en ont payé le prix, mais la menace contre eux semble pour l’instant être levée.

La mauvaise nouvelle, c’est qu’il y a encore plusieurs menaces de mesures protectionnistes qui planent contre certains secteurs de notre économie. Il faut s’attendre à continuer de les combattre, peu importe le futur président.

La bonne nouvelle, c’est que même dans ce climat d’incertitude, le Québec a réussi à augmenter ses exportations vers les États-Unis dans les deux dernières années, alors qu’elles stagnaient sous le gouvernement précédent.

Tout indique que nous avons les moyens de poursuivre sur cette lancée. Mais il va aussi falloir que le Québec diversifie ses marchés d’exportation, notamment vers l’Europe. Ce sera un moyen de réduire notre dépendance face à nos voisins tout en continuant de profiter de notre relation avec eux, peu importe le président.

Le Buy American

L’autre fer-de-lance du protectionnisme américain, c’est le Buy American. C’est une série de mesures pour favoriser la fabrication en sol américain. A priori, on peut difficilement en vouloir à nos voisins. Ici aussi, on voudrait miser de plus en plus sur le Fabriqué au Québec.

Sauf que le Buy American va beaucoup plus loin que ce qu’on voit chez nous. Concrètement, ça empêche de nombreuses entreprises québécoises de participer à des appels d’offres américains alors qu’elles seraient compétitives, notamment en matière de transport collectif.

De ce côté-là aussi, Biden est loin d’apparaitre comme le libre-échangiste dans la course. Une bonne partie de son plan de relance économique repose sur des mesures additionnelles pour renforcer le Buy American. Trump, quant à lui, continuera sans doute de promouvoir la production en sol américain.

Peu importe l’issue du vote dans quelques jours, le Québec devra donc vraisemblablement continuer de combattre cette forme de protectionnisme. Nous devrons convaincre les Américains de nous traiter comme les alliés que nous sommes plutôt que comme la Chine, qui elle peut poser une menace. C’est le cas, par exemple, pour l’approvisionnement en minéraux stratégiques, où le Québec peut devenir un fournisseur fiable.

Le leadership américain

L’énergie propre, l’accès à un vaccin, les tarifs et le Buy American sont tous des enjeux de l’élection présidentielle qui produiront des effets très concrets pour les Québécois. Mais l’influence d’un président va bien au-delà de ça.

Sur la scène internationale, le président américain a continuellement joué un rôle de leader durant le dernier siècle. Que ce soit en économie, en santé ou en sécurité, les États-Unis exercent une influence énorme partout dans le monde et ça continuera certainement d’être le cas, peu importe le candidat gagnant. Sauf que Biden et Trump ont une vision bien différente sur ces trois thèmes et ça se fera sentir au sein des grands forums internationaux comme l’ONU, l’OMC, l’OMS ou l’OTAN.

Le leadership américain s’exerce aussi dans la résolution de grands enjeux qui touchent toute la planète. Dans le cas de la pandémie, celle-ci ou la prochaine, un président plus impliqué sur la scène internationale aiderait certainement à mieux coordonner nos efforts. Dans le cas des changements climatiques, un président plus engagé pourrait stimuler l’innovation en matière de technologies vertes, réduire les émissions de GES américaines et nous aider à relever ce grand défi.

Les États-Unis resteront ce qu’ils sont, peu importe leur président. Une grande puissance mondiale, mais aussi un peuple fait de fractures et de contradictions. Leur chef d’État devrait toutefois les aider à se rassembler malgré ces divisions pour exercer un leadership positif. À eux de choisir qui correspond le mieux à cela.

Est-ce que le Québec va réussir à casser la 2e vague?

 

 16 octobre 2020

Il est encore trop tôt pour répondre à cette question et en fait, la réponse repose largement entre nos mains.

Pour le moment, ce qu’on peut affirmer, c’est que sans les mesures de restriction décidées par le gouvernement Legault, le Québec s’en allait droit dans le mur. Ce sont les conclusions des chercheurs universitaires qui travaillent avec l’INSPQ et qui ont fait des projections à partir de leur modèle mathématique. On y reviendra.

Ce qu’on peut également avancer, c’est que pour le moment, le Québec (et l’Ontario) s’en sort mieux que l’Europe et les États-Unis.

Pour la suite, ça dépendra beaucoup de nous. Depuis le début de la pandémie, on a appris au moins trois choses des épidémiologistes qui peuvent nous éclairer sur ce que nous, les citoyens, sommes en mesure de faire :

  1. On sait que la clé du succès pour ralentir la propagation du virus, c’est d’avoir le moins de contacts possible avec les autres, surtout à l’intérieur et d’une durée de plus de 15 minutes
  2. On sait que les personnes les plus vulnérables, ce sont les personnes âgées de plus de 70 ans
  3. Et finalement, on sait qu’il faut retracer les cas positifs et les isoler le plus vite possible pour éviter des éclosions de grande ampleur

Pour casser la 2e vague, il faut donc réduire nos contacts au maximum, protéger les personnes âgées de plus de 70 ans et isoler les cas positifs au moyen du dépistage et du traçage des cas.

La 2e vague frappe fort en Europe

Mais d’abord, une question : est-ce que la 2e vague est en train de frapper aussi fort que la première vague ailleurs dans le monde? Selon le dernier rapport épidémiologique de l’OMS, la contagion est en train de frapper encore plus fort, en particulier en Europe. Par contre, jusqu’ici, la pandémie cause moins de décès qu’au printemps.

On le voit bien dans le tableau suivant qui décrit la situation en Europe :

Figure 1 – Cas positifs et décès de la COVID-19 en Europe

La République tchèque

Même des États qui jusqu’ici s’étaient très bien tirés d’affaires peinent à casser cette 2e vague. C’est le cas par exemple de la République tchèque qui avait traversé la 1ère vague d’une façon remarquable. On voit dans le tableau suivant qu’au plus fort de la 1ère vague, il n’y a eu que peu de contagion. Mais à partir de la fin du mois d’août, les cas ont augmenté à une vitesse foudroyante. Le 16 octobre, la Tchéquie a recensé 9 720 cas positifs en 24 heures. À l’échelle du Québec, c’est comme si on avait eu 7 700 cas pour une seule journée!

Figure 2 – Cas positifs par semaine en République tchèque

La France

La France est elle aussi frappé de plein fouet. Selon le journal Le Monde, la France a recensé plus de 30 000 cas positifs en 24 heures le 16 octobre dernier. Le plus haut nombre depuis le début de la pandémie.

Figure 3 – La 2e vague en France – cas positifs par jour

La 2e (ou la 3e) vague aux États-Unis

Aux États-Unis, comme on peut le voir sur ce tableau du New York Times, on ne sait pas trop si on doit parler de 2e ou de 3e vague. On pourrait même avancer que la 1ère vague n’a jamais cessé. Au départ, c’est surtout la région du nord-est des États-Unis qui a été frappé, tandis que l’été dernier, c’est le sud qui a été frappé de plein fouet. Cet automne, une 2e vague est en train de se former un peu partout.

Figure 4 – Cas par jour aux États-Unis

Au Québec, la 2e vague a frappé soudainement

Au Québec, la 2e vague a frappé soudainement. Comme on peut le voir sur la figure suivante tirée du site de l’INSPQ, le nombre de cas est passé d’environ 1 000 par semaine à la fin août à plus de 7 000 dans la première semaine d’octobre. Les cas ont été multiplié par sept en quelques semaines!

Depuis le 30 septembre, le nombre de cas semble se stabiliser sur un plateau qui tourne autour de 1 000 cas par jour en moyenne. Comment le Québec se compare-t-il aux 2e vagues en Europe et aux États-Unis? Plutôt mieux. On a vu que l’arrivée et l’ampleur de la 2e vague varie d’une région à l’autre. Mais si nous arrêtons l’aiguille au 16 octobre, voici ce que ça donne.

Figure 5 – Cas par jour par million d’habitants au 16 octobre

L’indicateur impitoyable, c’est le nombre d’hospitalisations

Ce que tous les États veulent éviter, c’est de voir le nombre de personnes hospitalisées augmenter à des niveaux insoutenables. C’est que pour une proportion importante des personnes hospitalisées, il y aura des séquelles permanentes ou des décès. L’autre conséquence, c’est que chaque personne hospitalisée pour la COVID-19 diminue les ressources qui peuvent être consacrées pour les traitements des autres maladies comme le cancer.

Voici le portrait des hospitalisations actives du 24 septembre au 15 octobre, soit le nombre de personnes soignées à l’hôpital pour la COVID-19 ce jour-là. Nous avons ajouté quelques États américains qui sont dans la 2e vague depuis plusieurs semaines. On voit dans le tableau que la croissance des hospitalisations est importante et que le Québec s’en sort plutôt mieux.

Figure 6 – Hospitalisations actives par million d’habitants

Le Québec a évité de frapper le mur

Le 16 octobre, un groupe de chercheurs universitaires qui collaborent avec l’INSPQ a déposé une projection qui montre que si le gouvernement n’avait pas pris des mesures de restriction importantes au début du mois d’octobre et que les Québécois avaient continué à multiplier les contacts, le nombre d’hospitalisations et de décès aurait dépassé le pic de la 1ère vague avant les fêtes. En fait, notre système de santé aurait été complètement débordé, avec des conséquences qu’on n’ose même pas imaginer.

Dans le tableau suivant, on voit ce qui se serait passé dans la région de Montréal sans les mesures prises avec le niveau d’alerte rouge :

Figure 7 – Projection du scénario sans les mesures du 1er octobre

À nous d’écrire la suite de l’histoire

Pour la suite, on ne pourra pas compter seulement sur le gouvernement. Chacun de nous a un rôle important à jouer. Voici trois façons de contribuer à réduire la contagion.

1. Réduire nos contacts pour affamer le virus

On le sait, la clé du succès pour ralentir la propagation du virus, c’est d’avoir le moins de contacts possible avec les autres, surtout à l’intérieur et pour une durée de plus de 15 minutes à moins de 2 mètres. Pour se propager, le virus se nourrit de nos contacts. Notre mission c’est de l’affamer en les réduisant au minimum.

Pour nous aider à y arriver, le gouvernement a entre autres fermé les bars, les restaurants, les salles de spectacle, les gyms et interdit les sports d’équipe et les rassemblements en tout genre. Il a aussi interdit les rassemblements dans les résidences privées.

Selon les experts, dans la situation actuelle nous avons réussi à stabiliser le nombre de cas et donc le nombre de nouvelles hospitalisations et de décès. Mais si on ne veut pas vivre sous ce régime de restrictions pendant des semaines ou des mois, il faut réussir à réduire la contagion. Pour y arriver, on doit absolument éviter les rassemblements dans les résidences privées.

Figure 8 – Les contacts par personne au cours du temps

2. Protéger les personnes âgées de 70 ans et plus

Pour éviter les hospitalisations et les décès, nous devons protéger les personnes de 70 ans et plus. Le gouvernement a pris des mesures pour éviter les éclosions à grande échelle que nous avons vécues au printemps dans les CHSLD et autres résidences. Plus de préposés, davantage de matériel de protection médicale, moins de mobilité du personnel entre les établissements.

De notre côté, nous avons la responsabilité de ne pas mettre à risque nos proches en prenant les précautions de base. N’oublions jamais que les personnes âgées ont un système immunitaire plus fragile, même quand ils sont en bonne santé. Ils sont donc plus susceptibles d’attraper le virus et plus susceptibles de souffrir de complications graves.

Les plus jeunes qui se sentent invulnérables font erreur. Des milliers de personnes de moins de 70 ans ont été très malades de la COVID-19 et doivent maintenant vivre avec des séquelles pour le reste de leurs jours.

Et pour les autres, ceux qui ne savent même pas qu’ils ont contracté la COVID-19, ils ne devraient jamais oublier qu’ils peuvent mettre la vie des autres en danger. Ça pourrait être leurs propres parents. Comme cette mère de famille qui a failli y passer après avoir été infectée par sa fille, qui ne présentait aucun symptôme.

3. Contribuer au dépistage, au traçage et à l’isolation des cas

La troisième contribution que nous pouvons faire, c’est d’aider la santé publique à dépister les cas positifs, à retracer leurs contacts et à les isoler pour étouffer dans l’œuf les éclosions.

Commençons par le dépistage. Si vous avez des symptômes, que vous avez été en contact avec une personne positive ou que les autorités vous demandent d’aller vous faire tester, allez-y. C’est un devoir de citoyen. À l’inverse, si vous n’avez aucun symptôme, ni aucune raison de vous faire tester, n’allez pas engorger le système pour rien. En cas de doute, faites vous-même une autoévaluation.

Une fois que quelqu’un est déclaré positif, on doit le plus rapidement possible remonter la chaîne de ses contacts des derniers 14 jours pour les prévenir, leur demander de s’isoler et de se faire tester et remonter leur chaîne de contact. De notre côté, on peut donner un solide coup de main à la santé publique en répondant au téléphone lorsque « Santé publique » s’affiche. On peut aider en faisant la liste de nos contacts. On doit immédiatement s’isoler quand on est déclaré positif ou à risque de l’être.

Et comme la mémoire est une faculté qui oublie et que la rapidité est cruciale, on peut télécharger sur notre téléphone l’application Alerte COVID, un geste simple qui ne prend que quelques secondes et qui peut sauver des vies. Vous êtes en train de lire cet article sur votre téléphone? Allez sur vos applis sur votre IPhone ou votre appareil Android, l’appli est là. Il ne vous reste qu’à la télécharger…voilà, c’est fait!

Conclusion : on a tous un rôle à jouer

La 2e vague est là. Grâce aux décisions rapides du gouvernement et aux efforts impressionnants des Québécois depuis le début octobre, le Québec a réussi pour le moment à stopper l’augmentation de la contagion.

C’est maintenant à nous d’écrire le prochain chapitre en jouant à fond notre rôle dans cette guerre à finir contre le virus. La prochaine bataille consiste à casser la 2e vague. On va y arriver en conjuguant les efforts du gouvernement, des travailleurs de la santé et de chacun et chacune d’entre nous.