Qu’est-ce qu’on se souhaite pour 2021?

 
Qu’est-ce qu’on se souhaite pour 2021?

 28 décembre 2020

La question est sur toutes les lèvres. Mais avec l’année que l’on vient de connaître, personne ne veut trop s’avancer à formuler quelque vœu que ce soit. Souvenez-vous… on avait tellement hâte à 2020. On attendait tellement des nouvelles années 20…

Moi, le premier. J’imaginais que 2020 serait une année magique, une sorte de vrai début de quelque chose. Mais ce fut plutôt la triste fin de quelque chose. La fin d’un monde, le monde d’avant.

Or tout ce qui marque la fin de quelque chose marque forcément le début d’autre chose. Le début d’un monde nouveau, d’un monde neuf : le monde d’après. Voilà qui m’apparaît stimulant à souhait.

Alors, qu’est-ce qu’on se souhaite pour 2021?

Comme « chat échaudé craint l’eau froide », si on commençait simplement par se souhaiter une meilleure année que 2020? Ce serait déjà extraordinaire, non? Mieux vaut peut-être rester modestes sur les souhaits, quitte à être plus ambitieux sur les engagements.

Dire que tout allait si bien en 2019. Dire que l’année 2020 avait si bien commencé. Qui aurait pu prévoir, le 1er janvier, qu’un virus aurait contaminé plus de 65 millions de personnes dans le monde? Et qu’il en aurait tué plus de 1,5 million avant la fin de l’année?

Qui aurait dit qu’un minuscule virus aurait le pouvoir de clouer au sol des milliers d’avions, fermer les hôtels, comme les théâtres, ou mettre en danger un nombre effarant de commerces de toutes sortes?

« Annus horibilis » dirait la reine d’Angleterre, mais pas pour les mêmes raisons que la fatidique année 1992, qu’elle jugea horrible pour la royauté.

Mais aussi « horribilis » qu’elle fut, l’année 2020 a quand même connu quelques bonnes nouvelles. À commencer par la réduction spectaculaire des GES partout sur la planète. Quand on arrête l’économie, faut dire qu’il n’y a plus grand-chose qui roule. On peut se réjouir aussi du résultat inespéré d’une certaine élection qui a eu lieu près de chez nous et qui risque d’avoir une incidence positive sur la marche du monde. Mais la meilleure nouvelle, c’est sans contredit la grande solidarité qui est apparue partout dans le monde avec le coronavirus. Une sorte de retour à l’humain. De retour au respect. Où chacun prend soin de l’autre.

Je reste ému encore de certains gestes spontanés qui ont été posés à travers le monde durant la première vague. Comme ces Italiens qui chantaient au balcon, pour exprimer leur volonté de ne pas baisser les bras devant le virus. Ou les Québécois qui, chaque soir à 20h30, faisaient flasher leurs lumières pour remercier les anges gardiens du réseau de la santé. Ou ces autres Québécois qui allaient faire l’épicerie des plus vulnérables. Tous ces élans de solidarité et de fraternité nous auront montré que l’être humain pouvait être grand quand il le fallait.

Alors, qu’est-ce qu’on se souhaite pour 2021?

De continuer sur notre lancée? De rester au service et à l’écoute les uns des autres quoiqu’il advienne? Pourquoi pas? On peut être tout ça en même temps. La pandémie nous l’a appris. En nous forçant à garder nos distances, elle nous a rapprochés. Nos grands-parents n’ont jamais reçu autant d’appels. Nos parents, nos frères et nos sœurs, non plus. Des couples fraîchement séparés se sont remis ensemble pour mieux passer au travers et ils ont réalisé à quel point ils tenaient l’un à l’autre. (Je le dis, car je connais au moins deux cas.)

La pandémie a peut-être fait beaucoup de mal, mais elle nous a forcés à remettre nos valeurs à la bonne place. Et ça, c’est aussi une bonne nouvelle.

Alors, qu’est-ce qu’on se souhaite pour 2021?

Le plus beau souhait…

Je n’aurais jamais pensé que le plus beau souhait puisse être un vaccin. Et encore moins de le recevoir pour Noël!

– Pis, qu’est-ce que j’te souhaite de bon pour 2021?

– D’être vacciné au plus vite.

– C’est tout?

– Oui, j’veux rien de plus.

Alors, je nous souhaite tous un vaccin en 2021. Et un vaccin pour tous. Je nous le souhaite parce qu’on est tous tannés de porter un masque et de garder nos distances. Je nous le souhaite parce qu’on a tous hâte d’embrasser nos proches, nos amis, et de leur faire un gros câlin. L’être humain a besoin d’être en relation. Il n’est pas fait pour le confinement. Il a besoin des autres pour respirer, rire, aimer.

Alors, oui. Le plus beau souhait pour 2021, ce n’est pas un grand voyage. Ce n’est pas une nouvelle maison, un nouvel enfant, un mariage ou une promotion… Le plus beau souhait, c’est un vaccin. Et même si je viens au dixième rang dans la liste des priorités de vaccination, même si ça risque d’être à la fin de l’été, j’ai hâte d’être vacciné. Parce que la seule chose qui peut donner le goût de tout le reste, c’est le vaccin. C’est tout ce que ça prend pour qu’on puisse se remettre à vivre tranquillement. Et entrer dans le monde post-pandémique : le monde d’après.

D’autres souhaits pour 2021…

Que les êtres humains comprennent qu’on est tous nés de la même terre, et qu’on habite tous la même maison : la planète (et plus particulièrement le Québec en ce qui nous concerne).

Que l’on prenne tous l’engagement de prendre soin des plus vulnérables de notre société, car un pays n’est jamais aussi riche que ses plus fortunés, mais bien toujours aussi pauvre que ses plus démunis.

Que tous ceux et celles qui ont perdu leur emploi le retrouvent et qu’ils voient à nouveau l’avenir avec optimisme.

Que l’achat local perdure et que l’on continue d’encourager les créateurs, les fabricants, les producteurs et les marchands d’ici.

Que les théâtres, les salles de spectacles et les cinémas rouvrent leurs portes pour de bon, et que les artistes continuent à nous faire réfléchir, à nous bercer et à nous faire grandir.

Que l’on se questionne sur la complexité du monde, pour chercher à mieux le simplifier.

Que l’on se remette à rêver un peu à ce que sera demain. Que la poésie retrouve sa place dans nos vies.

Que l’humanité redevienne humaine et non plus désemparée au point de foncer sur des gens en Allemagne, tuer des gens à Québec ou assassiner froidement des agriculteurs au Nigéria.

Et que chacun prenne soin de la planète comme si c’était son salon, sa chambre, son lit.

Je suis heureux que la plupart des chefs d’État semblent partager les mêmes souhaits.

Mais tous ces souhaits seront vains, si on ne se fait pas vacciner. Tous ces souhaits commencent par le vaccin.

Alors, vivement le vaccin!

Et en attendant d’être tous vaccinés, faisons tout pour qu’il n’y ait pas de troisième vague. Faisons tout pour prendre soin les uns des autres.

Et souhaitons-nous une belle année 2021…

 

Post-scriptum

Je sais que tout le monde – et ça m’inclue! – se demande si l’économie va reprendre en 2021. Eh bien sachez que, selon des experts, tout indique que la reprise sera bonne au Québec pour l’année qui vient. Voilà qui nous encourage. Bonne année!

Voeux du temps des fêtes

 

 17 décembre 2020

Tous les membres du Conseil exécutif national de la CAQ vous souhaitent un très heureux temps des fêtes.

« Que ce temps des fêtes vous apporte de la douceur pour vous reposer, et de la force pour continuer.
Qu’il vous permette de clore des histoires et d’en commencer de nouvelles.
Qu’il soit surtout nourri par l’espoir du Québec que nous bâtissons ensemble.
Toute la famille élargie de la CAQ souhaite sincèrement vous voir heureux, prospère et en santé en 2021. Nous allons continuer de travailler en ce sens avec acharnement et conviction.
Bonne année 2021! »

Sarah Beaumier, Présidente

« Je souhaite que l’esprit des fêtes vous apporte, la paix, la chaleur humaine, l’empathie et l’amour de la famille. Que ces moments intimistes de festivités soient riches de joies et de gaietés. Que la nouvelle année déborde de bonheur et de prospérité et que tous les vœux formulés deviennent réalités.
Bonne année 2021 et bonne santé à toute votre famille! »

Suzanne Labbé, Vice-présidente dans l’Ouest-du-Québec

« Je profite de cette occasion pour vous souhaiter de la proximité et du bonheur en ce temps des fêtes. Rappelons-nous les beaux moments de nos souvenirs avec nos proches, nos amis, notre famille. Débutons l’année 2021 avec de l’optimisme et de l’ambition. Soyons forts tous ensemble.
Bonne année! »

Benoît Rochefort, Vice-président dans l’Est-du-Québec

« En ce beau moment de l’année, ayons une petite pensée pour ceux et celles qui vivent dans la solitude. Nous avons vécu, cette année, beaucoup d’adversité, mais l’espoir d’une nouvelle vie approche avec l’année qui vient. Joyeuses fêtes dans la quiétude de votre foyer à vous et à tous vos proches. »

Marc Baaklini, Président de la Commission politique

« Que cette année nouvelle nous ouvre ses portes pour nous donner l’élan dont nous avons tous besoin pour construire un avenir plein d’espoir et de réussite. Je nous souhaite la force et le courage de relever tous les défis économiques, sociaux et familiaux qui nous attendent.
Que cette nouvelle année 2021 rime avec passion, énergie et réalisation!
Tout seul, on va plus vite… Ensemble, on va plus loin…
Que tous nos vœux pour 2021 se réalisent! »

Christiane Gamache, Vice-présidente dans l’Est-du-Québec

« C’est une année de deuil qui se termine. Nous sommes appelés à réaliser que la pandémie est une occasion inespérée de revoir toutes nos façons de faire et de vivre. La crise sanitaire a accéléré le virage écologique de la CAQ et la transition vers un Québec plus vert et plus prospère.
Débutons donc une nouvelle année avec des souhaits remplis d’espoir! »

Gilles Brien, Vice-président dans l’Ouest-du-Québec

« Au nom de la Relève, j’aimerais vous souhaiter un joyeux temps des Fêtes ! Profitez de cette période pour vous reposer et être avec ceux qui vous sont chers. »

Keven Brasseur, Président de la Commission de la Relève de la CAQ

Et une année 2021 réconfortante à souhait.

L’achat local, est-ce que ça vaut la peine?

 

 23 novembre 2020

Oh que oui!

Le 4 avril 2020, le premier ministre, François Legault, invitait les Québécois à encourager l’achat local. « Il faut acheter québécois, il faut acheter local, c’est important pour nos entreprises québécoises, et puis c’est important pour nos travailleurs/travailleuses québécois de ces entreprises-là. »

Si la pandémie nous a appris une chose, c’est qu’il est devenu important, partout sur la planète, de dépendre le moins possible du reste du monde. Les Américains ont payé une cargaison de masques « cash » pour qu’elle soit détournée vers les États-Unis plutôt que d’être livrée, comme prévu, en France. La plupart des pays ont dû donner dans la surenchère pour éviter la catastrophe qu’aurait occasionnée un manque d’équipement de protection. Le libre-échange est vite devenu un « free for all » et, surtout, un « au plus fort la poche ».

Cette course à l’équipement en a fait réfléchir plusieurs. Face à la mondialisation tous azimuts, la plupart des pays se sont mis à douter de leur capacité à s’autosuffire, et ont commencé à mettre en place des mesures protectionnistes, comme la promotion de l’achat local.

Et même si on l’associe beaucoup à l’autonomie alimentaire, l’achat local englobe un champ beaucoup plus vaste d’activités et d’intervenants.

Qu’est-ce que l’achat local?

L’achat local, c’est d’abord une décision. Une décision d’encourager ses concitoyens. Acheter local, c’est encourager les créateurs de sa région, de sa province ou de son pays, avant d’encourager ceux qui viennent d’ailleurs. C’est aussi préférer les fabricants d’ici, avant ceux d’ailleurs et favoriser les producteurs de chez nous, avant ceux d’ailleurs. Et c’est aussi magasiner d’abord chez les détaillants québécois, avant d’aller chez leurs concurrents étrangers.

C’est penser à notre monde avant de penser au reste du monde.

Mais l’achat local, ce n’est pas juste bon pour nous, les citoyens, ça vaut aussi pour les commerçants qui choisissent de s’approvisionner localement plutôt qu’à l’étranger. Ça vaut aussi pour les entreprises qui décident de privilégier des ententes avec des partenaires locaux plutôt que partenaires étrangers.

Qui dit local dit aussi circuit court

En plus de permettre à des gens d’ici de faire de bonnes affaires, l’achat local permet aussi de favoriser les circuits courts en matière de transport, ce qui a, comme tout le monde sait, un impact réel sur la réduction de nos émissions de GES. Alors plus on achète local, plus on s’assure que les produits qu’on achète n’ont pas fait le tour de la Terre avant d’arriver jusqu’à nous.

Les experts estiment que les aliments que nous mangeons parcourent en moyenne entre 2 500 et 5 000 kilomètres avant d’aboutir dans notre assiette. Pour vous donner une idée, si vous décidez de faire un riz frit au poulet, le riz à lui seul devra parcourir plus de 9 000 kilomètres, alors que le poulet parcourra en moyenne 50 kilomètres.

Mieux encore, selon le MAPAQ (ministère de l’Agriculture, des pêcheries et de l’alimentation du Québec), « si les Québécois remplaçaient 30$ par année de produits étrangers par des aliments produits ici », le Québec récolterait 1 milliard de dollars de plus en cinq ans. Et tout cet argent pourrait être réinvesti en agroalimentaire et créer des emplois chez nous.

C’est fou toutes les retombées (économiques comme écologiques) que peut amener l’achat local.

Pourquoi acheter local?

La première des raisons, c’est pour soutenir l’économie locale. Qu’il s’agisse de fruits ou légumes frais, ou bien d’un fabricant de meubles du Québec, l’achat local permet de faire rouler l’économie locale. Et comme on encourage des travailleurs québécois, on leur permet à leur tour d’acheter local et d’encourager d’autres travailleurs québécois. Il y a ainsi un effet domino non négligeable.

La deuxième raison, c’est la qualité des produits. Les produits du Québec répondent à des normes de qualité et des normes environnementales bien souvent plus sévères qu’ailleurs dans le monde. Selon le Fonds de solidarité FTQ, l’achat local, c’est aussi plus équitable, parce que les normes du travail québécoises nous en offrent toutes les garanties.

La troisième raison, c’est la proximité, ce qui veut dire moins de kilomètres sur les routes, donc moins de GES. Le site Meuble du Québec compte pas moins de 142 fabricants de meubles québécois, dont 41 qui font du mobilier de chambre à coucher et 22 du mobilier de salle à manger. De son côté le Panier bleu offre l’accès à 19 902 commerces et à 472 365 produits québécois. Et ça ne cesse de croître de jour en jour.

La quatrième raison, c’est la fraîcheur. Quand un concombre est cueilli tout près de chez vous, il a bien meilleur goût tout en ayant une plus grande valeur nutritive, car il a atteint sa maturité dans le champ plutôt que dans le transport.

La cinquième raison, c’est de pouvoir faire des économies en choisissant des produits de saison. Car les fruits et légumes de saison « sont toujours plus abordables lorsqu’on les achète au bon moment. »

Et une sixième raison d’acheter local, c’est sans doute la raison qui plairait le plus au premier ministre : la fierté. Et si on achetait local aussi parce qu’on est fier d’être Québécois? Si on achetait local parce qu’on est fier de nos créateurs, de nos producteurs, de nos fabricants et de nos détaillants? Si on achetait d’eux pour leur dire de continuer leur bon travail, parce qu’ils nous inspirent et qu’ils nous donnent le goût d’acheter leurs produits? Après tout, tous ces gens sont aussi une source de fierté. Et s’ils sont fiers de cultiver la terre, de créer ou de fabriquer des biens de consommation, pourquoi ne serions-nous pas fiers d’acheter, de porter ou de goûter leurs produits?

Et si personne, ici, ne fabrique le produit que l’on cherche…

Ce ne sont pas, bien sûr, tous les produits qui sont fabriqués ou produits au Québec. On ne se mettra quand même pas à produire des ananas!  Mais à défaut de trouver un produit d’ici, on peut toujours bien au moins aller faire nos achats chez un détaillant d’ici. Par exemple, Simons ne fabrique peut-être pas ses vêtements, mais plusieurs d’entre eux ont été conçus au Québec, par des designers québécois. Dans tous les secteurs d’activités, le Québec regorge de détaillants locaux qui créent des emplois et s’impliquent dans leur communauté. Pourquoi ne pas les encourager, même en ligne, plutôt que d’acheter sur Amazon ou autres multinationales?

Acheter local, on l’a dit, c’est aussi encourager les détaillants québécois.

Tout le monde doit faire sa part

Tout le monde, ça veut dire vous, moi, nos voisins, nos cousines, nos parents, nos enfants, nos patrons, nos employés. Et nos différents paliers de gouvernement aussi, bien évidemment. C’est d’ailleurs dans ce sens que le gouvernement du Québec a lancé le 22 septembre dernier « sa première stratégie pour favoriser l’achat d’aliments québécois dans les institutions publiques ». Qu’est-ce ça mange en hiver? En gros, ceci. Le gouvernement veut augmenter « de façon considérable la part d’aliments de chez nous achetés par nos institutions ». Il s’agit d’un changement important pour que toutes les institutions publiques – hôpitaux, écoles, CHSLD, etc. – fassent de l’achat québécois une priorité dans leur approvisionnement d’ici 2025. 

Et quand la pandémie sera finie…

Quand la pandémie sera finie, il y a de fortes chances que l’achat local sera encore plus nécessaire que jamais. Et qu’il nous faudra ajouter le tourisme local, le tourisme gourmand. Il nous faudra racheter des billets de spectacle, retourner au théâtre, dans les musées, dans les festivals…

Et il faudrait surtout se dire – se promettre! – que l’on va remettre, dans l’économie québécoise, une partie des économies que la pandémie nous a obligés à faire.

Ce sera une façon de leur dire à quel point tout ça nous a manqué…

Regardez-vous la soirée électorale américaine?

 
Regardez-vous la soirée électorale américaine?

 30 octobre 2020

Il n’y a pas que les Américains qui joueront gros mardi soir prochain. Les Québécois et les Canadiens aussi, tout comme le reste du monde.

Peu importe le résultat, les élections présidentielles américaines de cette année risquent de marquer un tournant important sur la scène mondiale. Parce que les États-Unis assument un rôle de leader à l’international depuis près d’un siècle. Et parce que la vision des deux candidats à ce sujet est radicalement différente.

Une victoire de Biden voudrait essentiellement dire le retour de l’Amérique que l’on connaissait sous la présidence Obama. Une Amérique qui ne rechigne pas à intervenir dans des conflits outre-mer et qui mène le bal de la mondialisation.

Une victoire de Trump voudrait probablement dire – quoique toute prédiction en ce qui le concerne demeure hasardeuse – la suite du repli américain face aux grandes organisations internationales comme l’OMC, l’OMS et l’OTAN.

Ces deux visions produiraient des effets très concrets au Québec. Voici cinq enjeux clés de ce côté-ci de la frontière :

  1. L’ambition du Québec d’être la batterie verte du nord-est de l’Amérique
  2. Le contrôle de la pandémie et l’arrivée d’un vaccin
  3. Les tarifs protectionnistes
  4. Les mesures protectionnistes du Buy American
  5. Le leadership américain sur la scène mondiale

À qui la maison blanche?

Mais d’abord, la question qui est sur toute les lèvres : qui gagnera la présidence?

Il faut préciser qu’il est possible qu’on ne connaisse pas le gagnant avec certitude le soir des élections. La forte proportion de votes par la poste rendra le décompte plus compliqué et plus long. Si on est devant un résultat serré, il se peut qu’on ne puisse pas savoir qui logera à la maison blanche dans les quatre années à venir.

Ceci dit, pour le moment, ni les experts, ni les sondages ne suggèrent que la course sera particulièrement serrée. Au niveau national, Biden maintient son avance d’une dizaine de points sur Trump depuis plusieurs semaines. Et quand on scrute les fameux « Swing State », les états clés qui feront pencher la balance, Biden est là aussi largement favori.

Le très réputé média d’analyse de sondages Five Thirty Eight – comme le nombre de votes du collège électoral, 538, qui détermineront le candidat victorieux – donne 89% de chances de victoire pour Biden. Le scénario le plus probable lui accorde les deux tiers des 538 votes du collège électoral.

Concrètement, ça veut dire que Trump devrait faire mentir les sondages dans huit états où il traîne de la patte pour l’emporter. Ce n’est pas impossible. On lui donne 11% de chances d’y arriver, pas zéro. À titre de comparaison, ses chances en 2016 tournaient autour de 30%.

C’est possible que Trump fasse mentir les pronostics une fois de plus. Après tout, la marge de manœuvre de Biden dans les états clés comme la Floride ou la Caroline du Nord n’est que d’environ 2%. Pour la Pennsylvanie, là où tout pourrait se jouer, on parle d’une avance d’environ 5% pour le démocrate. C’est au-delà de la marge d’erreur des sondages, mais un engouement plus fort que prévu des républicains pour sortir voter pourrait tout changer.

Bref, à quelques jours du vote, Biden semble être en avance, mais rien n’est joué.

La batterie verte québécoise

Revenons au Québec.

La présidence Trump a changé beaucoup de chose ici. Elle a compliqué certains éléments de nos relations avec les États-Unis, mais elle ne nous a pas empêchés d’avancer sur plusieurs fronts. Notamment celui de la vente d’hydroélectricité.

Il y a quelques semaines, New York a reconnu l’hydroélectricité québécoise comme une énergie propre. Ça ouvre la porte à d’immenses contrats d’exportation vers la Grosse Pomme, qui vise à être alimentée uniquement par de l’énergie renouvelable d’ici 2040. Ça fait suite à d’autres importantes avancées dans les dernières années, notamment un contrat de 10 milliards de dollars avec le Massachusetts pour l’achat de notre hydroélectricité.

Le raisonnement est simple. Le Québec dispose d’importants surplus d’hydroélectricité; une énergie propre, fiable et à faible coût. Précisément ce que cherchent plusieurs de nos voisins en Nouvelle-Angleterre pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. En leur vendant nos surplus, le Québec s’enrichit et la Nouvelle-Angleterre se verdit. C’est plus de richesse et moins de GES des deux côtés de la frontière. C’est gagnant-gagnant.

L’enjeu se joue surtout à l’échelle des gouverneurs d’État, mais la présidence a aussi un rôle important. Un président plus sensible à l’enjeu des changements climatiques exercerait un leadership auprès des États et ferait grandir l’appétit de nos voisins pour notre énergie propre.

C’est le cas de Biden, qui promet une Amérique carboneutre et entièrement nourrie à l’énergie propre d’ici 2050, avec de premiers objectifs dès 2025. Pour y arriver, les États-Unis auront besoin de beaucoup plus d’énergie verte. C’est exactement ce que le Québec peur leur offrir. Et en imposant une forme ou une autre de taxe sur le carbone, le gouvernement américain ferait en sorte d’augmenter le prix des énergies fossiles, ce qui rendrait l’hydroélectricité québécoise encore plus compétitive.

La pandémie et son vaccin

Avec la fermeture des frontières, on a parfois l’impression que chaque pays, chaque province et chaque état gère la pandémie à sa manière, sans trop influencer ses voisins. C’est en partie vrai, mais nous dépendons encore beaucoup les uns des autres.

Le Québec a toutes les raisons de souhaiter une gestion efficace de la pandémie au sud de la frontière. D’abord parce qu’on souhaite du bien à nos alliés. Ensuite parce qu’une pandémie contrôlée veut dire une relance économique plus rapide, et qu’une économie américaine en meilleure santé profitera aux Québécois.

Biden et Trump ont chacun leur vision pour combattre le virus. Trump favorise une plus grande réouverture malgré une forte contagion, alors que l’approche de Biden se rapproche un peu plus de celle qu’on connait au Canada et au Québec. Les Américains devront trancher entre ces deux visions opposées.

Au-delà des mesures pour prévenir la propagation du virus, il y a aussi la question du vaccin. Certaines des plus grandes compagnies pharmaceutiques se trouvent aux États-Unis et il est possible que le premier vaccin efficace sorte de là.

Que Biden ou Trump soient élus n’accélérera probablement pas le développement du vaccin, qui est déjà bien en marche. Par contre, ça pourrait avoir un impact sur la rapidité de sa distribution. Trump a montré qu’il n’hésite pas à bloquer l’approvisionnement à ses alliés s’il le juge nécessaire. En avril, il ne s’était pas gêné pour interdire la vente de masques N95 au Canada. Personne ne sait si Biden aurait agi de la même façon, mais on sait qu’il prône une plus grande coopération avec l’OMS et ses alliés à l’international sur la gestion de la pandémie. On peut croire que la distribution d’un vaccin américain sous une présidence Biden obéirait à ce principe.

Les tarifs protectionnistes

« Les Américains sont nos meilleurs amis, que nous le voulions ou non ». C’est un dénommé Robert Thompson, alors chef du Parti Crédit social à Ottawa, qui a prononcé cette célèbre phrase en 1960. Encore aujourd’hui, on pourrait difficilement mieux décrire notre relation commerciale avec les États-Unis.

Une bonne partie de notre économie dépend de celle du géant américain. Plus des deux tiers de nos exportations y sont destinés. Nos deux économies sont profondément intégrées. Ça représente des milliers d’emplois des deux côtés de la frontière. Si les États-Unis décident de s’engager sur la route du protectionnisme, le Québec en subira forcément les conséquences.

Les deux candidats penchent vers cette option, dans une certaine mesure. Ce serait faux de croire que Biden s’oppose complètement au protectionnisme de Trump, même si ses méthodes sont différentes. Traditionnellement, ce sont les démocrates qui ont tendance à défendre le protectionnisme, alors que les républicains sont plus souvent partisans du libre-échange.

La manifestation classique du protectionnisme, c’est l’imposition de tarifs sur les produits étrangers. Nos producteurs d’acier et d’aluminium en ont payé le prix, mais la menace contre eux semble pour l’instant être levée.

La mauvaise nouvelle, c’est qu’il y a encore plusieurs menaces de mesures protectionnistes qui planent contre certains secteurs de notre économie. Il faut s’attendre à continuer de les combattre, peu importe le futur président.

La bonne nouvelle, c’est que même dans ce climat d’incertitude, le Québec a réussi à augmenter ses exportations vers les États-Unis dans les deux dernières années, alors qu’elles stagnaient sous le gouvernement précédent.

Tout indique que nous avons les moyens de poursuivre sur cette lancée. Mais il va aussi falloir que le Québec diversifie ses marchés d’exportation, notamment vers l’Europe. Ce sera un moyen de réduire notre dépendance face à nos voisins tout en continuant de profiter de notre relation avec eux, peu importe le président.

Le Buy American

L’autre fer-de-lance du protectionnisme américain, c’est le Buy American. C’est une série de mesures pour favoriser la fabrication en sol américain. A priori, on peut difficilement en vouloir à nos voisins. Ici aussi, on voudrait miser de plus en plus sur le Fabriqué au Québec.

Sauf que le Buy American va beaucoup plus loin que ce qu’on voit chez nous. Concrètement, ça empêche de nombreuses entreprises québécoises de participer à des appels d’offres américains alors qu’elles seraient compétitives, notamment en matière de transport collectif.

De ce côté-là aussi, Biden est loin d’apparaitre comme le libre-échangiste dans la course. Une bonne partie de son plan de relance économique repose sur des mesures additionnelles pour renforcer le Buy American. Trump, quant à lui, continuera sans doute de promouvoir la production en sol américain.

Peu importe l’issue du vote dans quelques jours, le Québec devra donc vraisemblablement continuer de combattre cette forme de protectionnisme. Nous devrons convaincre les Américains de nous traiter comme les alliés que nous sommes plutôt que comme la Chine, qui elle peut poser une menace. C’est le cas, par exemple, pour l’approvisionnement en minéraux stratégiques, où le Québec peut devenir un fournisseur fiable.

Le leadership américain

L’énergie propre, l’accès à un vaccin, les tarifs et le Buy American sont tous des enjeux de l’élection présidentielle qui produiront des effets très concrets pour les Québécois. Mais l’influence d’un président va bien au-delà de ça.

Sur la scène internationale, le président américain a continuellement joué un rôle de leader durant le dernier siècle. Que ce soit en économie, en santé ou en sécurité, les États-Unis exercent une influence énorme partout dans le monde et ça continuera certainement d’être le cas, peu importe le candidat gagnant. Sauf que Biden et Trump ont une vision bien différente sur ces trois thèmes et ça se fera sentir au sein des grands forums internationaux comme l’ONU, l’OMC, l’OMS ou l’OTAN.

Le leadership américain s’exerce aussi dans la résolution de grands enjeux qui touchent toute la planète. Dans le cas de la pandémie, celle-ci ou la prochaine, un président plus impliqué sur la scène internationale aiderait certainement à mieux coordonner nos efforts. Dans le cas des changements climatiques, un président plus engagé pourrait stimuler l’innovation en matière de technologies vertes, réduire les émissions de GES américaines et nous aider à relever ce grand défi.

Les États-Unis resteront ce qu’ils sont, peu importe leur président. Une grande puissance mondiale, mais aussi un peuple fait de fractures et de contradictions. Leur chef d’État devrait toutefois les aider à se rassembler malgré ces divisions pour exercer un leadership positif. À eux de choisir qui correspond le mieux à cela.

Est-ce que le Québec va réussir à casser la 2e vague?

 

 16 octobre 2020

Il est encore trop tôt pour répondre à cette question et en fait, la réponse repose largement entre nos mains.

Pour le moment, ce qu’on peut affirmer, c’est que sans les mesures de restriction décidées par le gouvernement Legault, le Québec s’en allait droit dans le mur. Ce sont les conclusions des chercheurs universitaires qui travaillent avec l’INSPQ et qui ont fait des projections à partir de leur modèle mathématique. On y reviendra.

Ce qu’on peut également avancer, c’est que pour le moment, le Québec (et l’Ontario) s’en sort mieux que l’Europe et les États-Unis.

Pour la suite, ça dépendra beaucoup de nous. Depuis le début de la pandémie, on a appris au moins trois choses des épidémiologistes qui peuvent nous éclairer sur ce que nous, les citoyens, sommes en mesure de faire :

  1. On sait que la clé du succès pour ralentir la propagation du virus, c’est d’avoir le moins de contacts possible avec les autres, surtout à l’intérieur et d’une durée de plus de 15 minutes
  2. On sait que les personnes les plus vulnérables, ce sont les personnes âgées de plus de 70 ans
  3. Et finalement, on sait qu’il faut retracer les cas positifs et les isoler le plus vite possible pour éviter des éclosions de grande ampleur

Pour casser la 2e vague, il faut donc réduire nos contacts au maximum, protéger les personnes âgées de plus de 70 ans et isoler les cas positifs au moyen du dépistage et du traçage des cas.

La 2e vague frappe fort en Europe

Mais d’abord, une question : est-ce que la 2e vague est en train de frapper aussi fort que la première vague ailleurs dans le monde? Selon le dernier rapport épidémiologique de l’OMS, la contagion est en train de frapper encore plus fort, en particulier en Europe. Par contre, jusqu’ici, la pandémie cause moins de décès qu’au printemps.

On le voit bien dans le tableau suivant qui décrit la situation en Europe :

Figure 1 – Cas positifs et décès de la COVID-19 en Europe

La République tchèque

Même des États qui jusqu’ici s’étaient très bien tirés d’affaires peinent à casser cette 2e vague. C’est le cas par exemple de la République tchèque qui avait traversé la 1ère vague d’une façon remarquable. On voit dans le tableau suivant qu’au plus fort de la 1ère vague, il n’y a eu que peu de contagion. Mais à partir de la fin du mois d’août, les cas ont augmenté à une vitesse foudroyante. Le 16 octobre, la Tchéquie a recensé 9 720 cas positifs en 24 heures. À l’échelle du Québec, c’est comme si on avait eu 7 700 cas pour une seule journée!

Figure 2 – Cas positifs par semaine en République tchèque

La France

La France est elle aussi frappé de plein fouet. Selon le journal Le Monde, la France a recensé plus de 30 000 cas positifs en 24 heures le 16 octobre dernier. Le plus haut nombre depuis le début de la pandémie.

Figure 3 – La 2e vague en France – cas positifs par jour

La 2e (ou la 3e) vague aux États-Unis

Aux États-Unis, comme on peut le voir sur ce tableau du New York Times, on ne sait pas trop si on doit parler de 2e ou de 3e vague. On pourrait même avancer que la 1ère vague n’a jamais cessé. Au départ, c’est surtout la région du nord-est des États-Unis qui a été frappé, tandis que l’été dernier, c’est le sud qui a été frappé de plein fouet. Cet automne, une 2e vague est en train de se former un peu partout.

Figure 4 – Cas par jour aux États-Unis

Au Québec, la 2e vague a frappé soudainement

Au Québec, la 2e vague a frappé soudainement. Comme on peut le voir sur la figure suivante tirée du site de l’INSPQ, le nombre de cas est passé d’environ 1 000 par semaine à la fin août à plus de 7 000 dans la première semaine d’octobre. Les cas ont été multiplié par sept en quelques semaines!

Depuis le 30 septembre, le nombre de cas semble se stabiliser sur un plateau qui tourne autour de 1 000 cas par jour en moyenne. Comment le Québec se compare-t-il aux 2e vagues en Europe et aux États-Unis? Plutôt mieux. On a vu que l’arrivée et l’ampleur de la 2e vague varie d’une région à l’autre. Mais si nous arrêtons l’aiguille au 16 octobre, voici ce que ça donne.

Figure 5 – Cas par jour par million d’habitants au 16 octobre

L’indicateur impitoyable, c’est le nombre d’hospitalisations

Ce que tous les États veulent éviter, c’est de voir le nombre de personnes hospitalisées augmenter à des niveaux insoutenables. C’est que pour une proportion importante des personnes hospitalisées, il y aura des séquelles permanentes ou des décès. L’autre conséquence, c’est que chaque personne hospitalisée pour la COVID-19 diminue les ressources qui peuvent être consacrées pour les traitements des autres maladies comme le cancer.

Voici le portrait des hospitalisations actives du 24 septembre au 15 octobre, soit le nombre de personnes soignées à l’hôpital pour la COVID-19 ce jour-là. Nous avons ajouté quelques États américains qui sont dans la 2e vague depuis plusieurs semaines. On voit dans le tableau que la croissance des hospitalisations est importante et que le Québec s’en sort plutôt mieux.

Figure 6 – Hospitalisations actives par million d’habitants

Le Québec a évité de frapper le mur

Le 16 octobre, un groupe de chercheurs universitaires qui collaborent avec l’INSPQ a déposé une projection qui montre que si le gouvernement n’avait pas pris des mesures de restriction importantes au début du mois d’octobre et que les Québécois avaient continué à multiplier les contacts, le nombre d’hospitalisations et de décès aurait dépassé le pic de la 1ère vague avant les fêtes. En fait, notre système de santé aurait été complètement débordé, avec des conséquences qu’on n’ose même pas imaginer.

Dans le tableau suivant, on voit ce qui se serait passé dans la région de Montréal sans les mesures prises avec le niveau d’alerte rouge :

Figure 7 – Projection du scénario sans les mesures du 1er octobre

À nous d’écrire la suite de l’histoire

Pour la suite, on ne pourra pas compter seulement sur le gouvernement. Chacun de nous a un rôle important à jouer. Voici trois façons de contribuer à réduire la contagion.

1. Réduire nos contacts pour affamer le virus

On le sait, la clé du succès pour ralentir la propagation du virus, c’est d’avoir le moins de contacts possible avec les autres, surtout à l’intérieur et pour une durée de plus de 15 minutes à moins de 2 mètres. Pour se propager, le virus se nourrit de nos contacts. Notre mission c’est de l’affamer en les réduisant au minimum.

Pour nous aider à y arriver, le gouvernement a entre autres fermé les bars, les restaurants, les salles de spectacle, les gyms et interdit les sports d’équipe et les rassemblements en tout genre. Il a aussi interdit les rassemblements dans les résidences privées.

Selon les experts, dans la situation actuelle nous avons réussi à stabiliser le nombre de cas et donc le nombre de nouvelles hospitalisations et de décès. Mais si on ne veut pas vivre sous ce régime de restrictions pendant des semaines ou des mois, il faut réussir à réduire la contagion. Pour y arriver, on doit absolument éviter les rassemblements dans les résidences privées.

Figure 8 – Les contacts par personne au cours du temps

2. Protéger les personnes âgées de 70 ans et plus

Pour éviter les hospitalisations et les décès, nous devons protéger les personnes de 70 ans et plus. Le gouvernement a pris des mesures pour éviter les éclosions à grande échelle que nous avons vécues au printemps dans les CHSLD et autres résidences. Plus de préposés, davantage de matériel de protection médicale, moins de mobilité du personnel entre les établissements.

De notre côté, nous avons la responsabilité de ne pas mettre à risque nos proches en prenant les précautions de base. N’oublions jamais que les personnes âgées ont un système immunitaire plus fragile, même quand ils sont en bonne santé. Ils sont donc plus susceptibles d’attraper le virus et plus susceptibles de souffrir de complications graves.

Les plus jeunes qui se sentent invulnérables font erreur. Des milliers de personnes de moins de 70 ans ont été très malades de la COVID-19 et doivent maintenant vivre avec des séquelles pour le reste de leurs jours.

Et pour les autres, ceux qui ne savent même pas qu’ils ont contracté la COVID-19, ils ne devraient jamais oublier qu’ils peuvent mettre la vie des autres en danger. Ça pourrait être leurs propres parents. Comme cette mère de famille qui a failli y passer après avoir été infectée par sa fille, qui ne présentait aucun symptôme.

3. Contribuer au dépistage, au traçage et à l’isolation des cas

La troisième contribution que nous pouvons faire, c’est d’aider la santé publique à dépister les cas positifs, à retracer leurs contacts et à les isoler pour étouffer dans l’œuf les éclosions.

Commençons par le dépistage. Si vous avez des symptômes, que vous avez été en contact avec une personne positive ou que les autorités vous demandent d’aller vous faire tester, allez-y. C’est un devoir de citoyen. À l’inverse, si vous n’avez aucun symptôme, ni aucune raison de vous faire tester, n’allez pas engorger le système pour rien. En cas de doute, faites vous-même une autoévaluation.

Une fois que quelqu’un est déclaré positif, on doit le plus rapidement possible remonter la chaîne de ses contacts des derniers 14 jours pour les prévenir, leur demander de s’isoler et de se faire tester et remonter leur chaîne de contact. De notre côté, on peut donner un solide coup de main à la santé publique en répondant au téléphone lorsque « Santé publique » s’affiche. On peut aider en faisant la liste de nos contacts. On doit immédiatement s’isoler quand on est déclaré positif ou à risque de l’être.

Et comme la mémoire est une faculté qui oublie et que la rapidité est cruciale, on peut télécharger sur notre téléphone l’application Alerte COVID, un geste simple qui ne prend que quelques secondes et qui peut sauver des vies. Vous êtes en train de lire cet article sur votre téléphone? Allez sur vos applis sur votre IPhone ou votre appareil Android, l’appli est là. Il ne vous reste qu’à la télécharger…voilà, c’est fait!

Conclusion : on a tous un rôle à jouer

La 2e vague est là. Grâce aux décisions rapides du gouvernement et aux efforts impressionnants des Québécois depuis le début octobre, le Québec a réussi pour le moment à stopper l’augmentation de la contagion.

C’est maintenant à nous d’écrire le prochain chapitre en jouant à fond notre rôle dans cette guerre à finir contre le virus. La prochaine bataille consiste à casser la 2e vague. On va y arriver en conjuguant les efforts du gouvernement, des travailleurs de la santé et de chacun et chacune d’entre nous.

Des infrastructures dont le Québec a besoin

 

 28 septembre 2020

La ministre responsable de l’Administration gouvernementale et présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, a déposé aujourd’hui le projet de loi no 66, loi concernant l’accélération de certains projets d’infrastructure. Il vise à alléger des procédures, sans réduire ou modifier les normes existantes, afin de démarrer plus rapidement les travaux d’importants projets d’infrastructure, notamment des écoles, des maisons des aînés, des hôpitaux ainsi que des infrastructures routières et de transport collectif.

Pour visionner la vidéo explicative, cliquez ici.

Pour voir l’ensemble des projets d’infrastructure, cliquez ici.

La deuxième vague mondiale est-elle commencée?

 

 18 septembre 2020

On a fait grand cas de la hausse de nouveaux cas de COVID-19 au Québec dans les dernières semaines, avec raison. Ça n’en prendrait pas beaucoup pour que la courbe reprenne un rythme exponentiel. Et une fois que c’est parti, c’est beaucoup plus difficile à arrêter.

Il suffit de jeter un œil à ce qui se passe ailleurs dans le monde pour s’en convaincre. Bien sûr, il y a des nuances à faire. Chaque pays a ses particularités. Chaque pays gère la pandémie avec une efficacité variable.

Mais remettons-nous dans nos souliers – ou plutôt, dans nos bottes – de début mars. Ce qui nous a vraiment mis la puce à l’oreille à ce moment-là, ce qui nous a poussés à réagir, c’est ce qui se passait en Italie. On voyait des images d’hôpitaux qui débordaient. Des histoires de confinement à faire peur. Des villes désertées. Tout ça dans un pays similaire au nôtre, avec un système de santé similaire au nôtre à bien des égards.

Il y a un parallèle à faire avec la situation actuelle. Plusieurs pays européens semblent déjà se trouver dans la pente ascendante d’une deuxième vague. Si on ne réagit pas maintenant pour freiner la contagion, on risque de les suivre.

Les épicentres de la pandémie

Beaucoup de choses ont changé depuis que nos bottes ont goûté à la gadoue de fin d’hiver. On a traversé une première vague, un confinement et un déconfinement. On a appris à porter le masque et à calculer mentalement deux mètres de distance. On a appris à vivre avec le virus dans une « nouvelle normalité », pour reprendre l’expression consacrée.

Les épicentres de la pandémie ont eux aussi évolué. Le virus circule maintenant partout dans le monde, comme le montre cette carte de l’Organisation mondiale de la Santé. Les pays plus foncés sont ceux qui ont connu la plus forte hausse de nouveaux cas dans les sept derniers jours.

Carte de transmission COVID-19

Source : Organisation mondiale de la Santé

Plutôt que la Chine, l’Iran et l’Italie, on retrouve maintenant les États-Unis, l’Inde et le Brésil au sommet du triste classement mondial. Le cas de l’Inde est sans doute le plus préoccupant des trois. Le pays semblait avoir été épargné par le virus au printemps, mais depuis juin, la contagion s’est constamment accélérée. Dans leur cas, on parle donc d’une première vague, et c’en est toute une. Au cours des derniers jours, on rapportait près de 100 000 nouveaux cas par jour.

Source : New York Times

Dans le cas du Brésil et des États-Unis, la première vague ne s’est jamais vraiment estompée. Le Brésil a été épargné par le virus pendant quelques mois de plus que l’Europe et l’Amérique du Nord, mais c’est parti en force en mai. Même si la situation semble se stabiliser depuis le mois d’août, le nombre de nouveaux cas quotidiens demeure très haut, à environ 40 000 par jour.

Aux États-Unis, on semblait en voie d’aplatir la courbe au début de l’été, puis c’est reparti de plus belle. Nos voisins du Sud demeurent à ce jour le pays avec le plus de cas déclarés. Et avec des hausses quotidiennes tournant autour de 40 000 nouveaux cas, ça ne devrait pas changer de sitôt.

Source : New York Times

En voulez-vous des deuxièmes vagues?

En dehors de ce « big three », la plupart des pays qui ne l’ont pas eu facile au printemps ont réussi à vaincre leur première vague. En Europe, le nombre de nouveaux cas quotidiens est redescendu au plancher cet été. Le déconfinement a suivi et la population a pu retrouver une partie de sa vie normale.

Sauf que ça n’a pas duré. Le cas le plus frappant est celui de la France. En l’espace d’à peine deux mois, l’Hexagone est passé du plancher au plafond. Les records du printemps ont été pulvérisés et on ne voit toujours pas la fin de l’ascension. Depuis quelques jours, on parle d’environ 10 000 nouveaux cas quotidiens. De quoi inquiéter même les plus sceptiques.

En Espagne, la situation n’est pas plus réjouissante. On assiste à une hausse constante de la contagion depuis deux mois. Avec plus de 10 000 nouveaux cas quotidiens, on est retourné aux plus hauts niveaux du printemps.

Du côté de l’Allemagne et de l’Italie, les choses sont un peu moins alarmantes. Mais quand même, on remarque clairement la tendance à la hausse. Une tendance qui pourrait rapidement se transformer en deuxième vague.

Source : New York Times

En plus de ces quatre pays, on pourrait nommer le Royaume-Uni, la Belgique, le Portugal et la Norvège. Là aussi, la courbe en hausse des dernières semaines se rapproche de plus en plus de la situation au printemps.

La courbe canadienne ne suggère pas aussi clairement le début d’une deuxième vague, mais on remarque quand même une tendance à la hausse. On se rapproche plus de l’Allemagne que de la France, disons. Sauf qu’en regardant les courbes françaises et espagnoles, on remarque que la différence ne tient qu’en un mois. Bref, si on ne resserre pas notre discipline collective, on risque nous aussi de battre nos records plus vite qu’on le croit.

Source : New York Times

Plus de cas, donc plus de morts?

Les images marquantes de la première vague du printemps, ce sont les hôpitaux submergés. Les morgues qui débordent. Les fausses communes qui se creusent.

Est-ce que ce scénario catastrophe est en train de se répéter? Pas pour le moment, heureusement. D’abord parce que nos systèmes de santé sont mieux préparés. Mais aussi, et surtout, parce que la contagion affecte moins les personnes les plus vulnérables. Il y a plus de jeunes qui l’attrapent, et les jeunes sont généralement moins susceptibles de mourir de la COVID-19.

En France, par exemple, la deuxième vague de cas ne se traduit pas, pour l’instant, par une deuxième vague de décès.

Source : gouvernement français

Est-ce qu’on devrait arrêter de s’inquiéter pour autant?

Non. Pour trois raisons.

La première, c’est que ça pourrait changer. Les personnes contaminées pourraient transmettre le virus aux plus vulnérables. De plus en plus de jeunes pourraient contaminer leurs grands-parents, par exemple. Plus le nombre de cas augmente, plus il y a de chance que ça arrive. Et si ça arrive, on verra malheureusement le nombre de morts repartir en flèche.

La seconde raison, c’est qu’un nombre trop élevé de cas, même chez les moins vulnérables, va finir par faire augmenter le nombre d’hospitalisations. Si ça arrive, on risque de créer des dommages collatéraux chez les personnes qui ont besoin de chirurgies ou de traitements pour des maladies graves, comme le cancer. On risque aussi de manquer d’équipement pour traiter les cas les plus graves de coronavirus, et donc de voir le nombre de morts augmenter.

Reprenons l’exemple de la France. Pour l’instant, on n’assiste pas à une véritable deuxième vague d’hospitalisations, malgré une tendance à la hausse. Sauf que si le nombre de cas continue d’augmenter, ça risque de changer.

Source : gouvernement français

La troisième raison pour s’inquiéter d’une deuxième vague de nouveaux cas, c’est que les conséquences de virus semblent largement dépasser le risque de décès. On n’en sait encore très peu sur les séquelles à long terme que peut laisser la COVID-19, mais de ce qu’on en sait, ça n’a rien de très joyeux.

Veut-on vraiment se retrouver avec des milliers de personnes aux prises avec des problèmes respiratoires et cardiaques à long terme, sous prétexte qu’ils n’en mourront probablement pas? Le souhaiteriez-vous à votre famille, à vos amis? Poser la question, c’est y répondre.

Reconfinera, reconfinera pas?

Si la hausse de cas a de quoi nous inquiéter, elle devrait donc nous pousser à agir, comme on l’a fait en mars. Et c’est là que ça se complique.

Il y a probablement autant de réactions à une possible deuxième vague qu’il y a de pays. Personne ne veut revivre le confinement complet du printemps. Ce serait catastrophique pour nos économies. Mais d’un autre côté, c’est ce qui a le mieux fonctionné pour aplatir la première vague. Le défi est donc de trouver un équilibre.

Chez nos cousins français, pour le moment, on semble s’en tenir au statu quo du déconfinement, malgré la forte hausse de cas. En tout cas, l’option d’un confinement généralisé est écartée. On parle plutôt de restrictions régionales, comme la réduction des rassemblements dans certaines villes. Tant que le nombre d’hospitalisations ne remonte pas au point de compromettre le système de santé, ça devrait en rester ainsi.

Du côté plus restrictif, il y a l’Espagne. Les autorités ont déjà évoqué un reconfinement des zones les plus chaudes de Madrid. On sent là aussi une volonté de rester très prudents pour éviter un confinement plus généralisé.

Et du côté des plus sévères, il y a Israël. Le gouvernement y a annoncé un nouveau confinement d’au moins trois semaines à compter du 18 septembre. Il faut dire que le pays enregistrait une hausse soutenue de nouveaux cas depuis plusieurs semaines. À l’approche de fêtes religieuses, les autorités n’ont pas pris de chance, au risque de faire mal à l’économie et de couper le revenu de nombreuses familles.

Vers quel pays se dirige-t-on?

Quand on regarde la courbe de Québec, on voit tout de suite qu’on n’en est pas encore au niveau des pays européens les plus touchés. Ça a de quoi rassurer, mais ça a aussi de quoi inquiéter sur ce qui s’en vient. On se disait à peu près la même chose avant le confinement du printemps, après tout.

Source : INSPQ

On devrait retenir deux choses de l’évolution de la pandémie dans les dernières semaines. D’abord, une deuxième vague est bien commencée en Occident et on n’en est pas à l’abri. Au contraire, les pays occidentaux qui ont surmonté leur première vague et qui se sont déconfinés pendant l’été constatent presque tous une intensification de la contagion. Une intensification qui se transforme, dans plusieurs cas, en deuxième vague. Rien n’empêche que ça arrive ici aussi.

L’autre chose à retenir, c’est que le Québec a déjà commencé à réagir, avant que la situation soit hors de contrôle. Le nombre de tests atteint des niveaux élevés, des milliers de préposés aux soins ont été formés en un temps record cet été et les équipements de protection médicale sont disponibles en grande quantité.

Les citoyens ont adopté des pratiques barrières (masques, distanciation, lavage de mains) en grand nombre, les entreprises suivent des protocoles, les écoles ont formé des classes-bulles et des milliers d’entre nous sont en télé-travail.

Le plus grand risque à l’heure actuelle, c’est que notre insouciance de l’été ne se transforme pas rapidement en vigilance.  Quand on regarde les pays qui sont déjà aux prises avec plus de cas qu’au printemps, on remarque qu’ils semblaient être là où on est il y a environ un mois. Si les citoyens de ces pays avaient transformé l’insouciance en vigilance, ils auraient sans doute pu éviter ou du moins amoindrir la vague actuelle. Et ils auraient probablement évité de devoir s’imposer un nouveau confinement, aussi partiel soit-il.

C’est donc à nous de jouer. On doit réagir maintenant, en augmentant notre vigilance, en diminuant nos contacts et en évitant les rassemblements, pour éviter ça.

Chacun d’entre nous.

Va-t-on devoir refermer le Québec?

 

 11 septembre 2020

Juste de poser la question, ça donne un coup de déprime. On va se le dire, le printemps n’a vraiment pas été facile. Il n’y a personne qui veut revivre ça.

Mais ce n’est pas parce qu’on ne l’aime pas, ou même qu’on le déteste, que le virus va disparaitre comme par magie. Le déni, malheureusement, ça ne fonctionne pas. Le virus rôde toujours. Et si on n’agit pas en conséquence, on va encore en subir les conséquences collectivement.

Est-ce que ça veut dire qu’on va potentiellement devoir refermer le Québec au complet cet automne, donc? La réponse courte est non, mais il y a des nuances. En fait, il y a deux réponses possibles.

C’est à nous de choisir laquelle on veut.

D’un côté, si tout le monde respecte assidument les consignes de santé publique, si on retrouve notre belle cohésion du printemps dernier, on va continuer dans la voie du déconfinement prudent. Dans un monde idéal, c’est ce qu’on ferait. Ça veut dire moins de gens malades et une économie qui repart plus rapidement.

D’un autre côté, personne n’est parfait. On ne peut pas demander à tout le monde d’être des élèves modèles de la santé publique. Que celui qui n’a jamais pris une pause de la distanciation lance la première pierre. C’est normal. On est humain, et la perfection n’est pas humaine.

Et qu’est-ce que ça veut dire, vivre dans ce monde imparfait? Ça veut dire qu’on va fort probablement revoir des éclosions dans certaines régions et dans certains secteurs de notre économie cet automne. Si on ne fait pas attention, ces éclosions pourraient rapidement se transformer en feu de brousse et nous forcer à refermer des parties de notre économie. Mais si on fait attention, on va réussir à contrôler la contagion, à éteindre les petits feux à mesure et à éviter le pire.

Une situation fragile

Au Québec, on a appris à connaitre la COVID-19 à la dure durant le printemps. Au plus fort de la pandémie, nos chiffres n’étaient vraiment pas jojo. De là à dire qu’on était un des pires endroits au monde, ce serait déformer les statistiques, mais quand même. On n’a pas été épargné par le virus, disons.

Heureusement, les choses ont changé. On a réussi à reprendre le contrôle de la situation dans nos résidences pour aînés. Et pendant l’été, le nombre de nouveaux cas quotidiens est redescendu au plancher. Ça, c’est le résultat de tous nos efforts pour aplatir la première vague. Ce n’est pas arrivé comme par magie.

COVID-19 : Cas déclarés

La bonne nouvelle, c’est que nos résultats économiques ont été tout aussi encourageants. On a déjà récupéré une bonne partie des emplois perdus avant le confinement. Et tout indique que l’économie repart avec plus de force au Québec qu’ailleurs au Canada. Tant qu’on réussit à maîtriser la propagation du virus, notre économie va continuer de se relever.

Sauf que l’été a tranquillement commencé à laisser sa place à l’automne, et avec lui, le nombre de nouveaux cas a recommencé à monter. La situation n’est pas dramatique, mais il y a une tendance claire à la hausse dans plusieurs régions du Québec depuis quelques semaines. C’est un rappel qu’on n’est pas à l’abri d’un retour en force du virus.

Si la fin de la première vague était le résultat de notre discipline, la nouvelle tendance à la hausse est le résultat de notre relâchement. C’est le résultat des soupers de famille et des soirées entre amis cet été. Le résultat, aussi, de l’envie irrépressible qu’avaient certains de chanter Dancing Queen en se collant dans un bar karaoké. Bref, c’est un mélange de plusieurs petits gestes insouciants, et de quelques gestes carrément irresponsables.

Évolution des cas

Source : INPSQ

Quand on se compare…

On n’est pas les premiers dans le monde à vivre ce genre de hausse. Il y a plusieurs pays qui ont réussi à surmonter la première vague, comme au Québec, mais qui se retrouvent maintenant aux prises avec une deuxième vague.

Prenons le cas de la France. Nos cousins ont été parmi les plus durement touchés en Europe au printemps. Durant l’été, le nombre de cas a redescendu et la vie a tranquillement retrouvé une partie de son cours normal. Ils ont même organisé une édition spéciale du Tour de France!

Le Tour a bien eu lieu, mais l’accalmie du virus n’a pas duré. Dans les dernières semaines, la France a plusieurs fois battu son record de nouveaux cas quotidiens qui datait du printemps. Avec ce nouveau sommet, on parle de près de 10 000 cas déclarés par jour, soit environ 147 cas par millions d’habitants. Avec un taux similaire, on parlerait d’une hausse d’environ 1 247 cas en une journée au Québec. Ça commencerait sérieusement à ressembler à une deuxième vague.

Nouveaux cas quotidiens en France

Source : gouvernement français

Mais on n’en est pas là chez nous. Pour l’instant, on parle plutôt d’environ 20 cas par millions d’habitants, soit le niveau de la France à la fin juillet. La seconde vague française a été précédée d’un relâchement et d’une flambée beaucoup plus importants que ce qu’on voit actuellement au Québec.

La comparaison a de quoi nous consoler, mais elle a aussi de quoi nous faire peur. La réalité, c’est qu’on n’est pas à l’abri de ça. Il n’y a rien qui empêche qu’on soit simplement un ou deux mois en retard sur la France. Si on ne fait pas attention, on va nous aussi retrouver un niveau de transmission très élevé. Et on pourrait nous aussi être forcés de refermer des secteurs de notre économie.

Mieux équipés qu’au printemps

Soyons pessimistes un instant, et imaginons que le Québec s’engage dans la même voie que la France. Imaginons qu’à la mi-novembre, on se retrouve avec un nombre de nouveaux cas quotidiens similaire à ce qu’on voyait au printemps. Est-ce que ça voudrait dire qu’on referme le Québec au complet?

La réponse est non. Au printemps, on comprenait beaucoup moins bien à quoi on avait à faire. On a dû agir avec précaution devant l’inconnu. Notre capacité de tester était beaucoup plus limitée. On ne savait pas avec précision qui était le plus vulnérable, et où la contagion était la plus risquée. Le plus prudent était donc de tout fermer pour réduire les risques au maximum.

Maintenant, on en sait un peu plus. On sait, par exemple, que c’est possible d’organiser nos garderies et nos écoles tout en réduisant au minimum les risques de contagion. On sait aussi que c’est possible de retourner au bureau, d’aller magasiner ou d’aller chez le coiffeur en toute sécurité, à condition que tout le monde suive certaines consignes.

Tout ça pour dire qu’on saura beaucoup mieux qui et quoi viser pour freiner davantage la contagion, si ça devient nécessaire. Notre capacité de tester est au rendez-vous. Ça va nous permettre d’identifier très rapidement les nouvelles éclosions, avant qu’elles se répandent. Ce ne sera donc pas nécessaire de tout fermer et de compromettre à nouveau les revenus de milliers de Québécois.

Évolution du nombre de tests au Québec

Source : INSPQ

La danse du virus

Vous avez déjà entendu parler de Tomas Pueyo? Si vous m’aviez demandé ça il y a quelques mois, comme la plupart des gens, je vous aurais dit que moi non plus.

Tomas Pueyo est un ingénieur franco-espagnol, relativement inconnu jusqu’au mois de mars dernier. Le 10 mars, il a publié un article sur la nécessité d’agir rapidement et avec force pour stopper une vague de contagion de la COVID-19. Soudainement, il est devenu très, très populaire. Son article a été consulté des dizaines de millions de fois par des citoyens, des chefs d’entreprise et des politiciens de partout dans le monde. Plusieurs y ont découvert la maintenant fameuse expression « aplatir la courbe ».

Moins de dix jours plus tard, il a publié un autre article qui a confirmé sa notoriété. Il y a comparé la première série d’actions contre le virus à un coup de marteau. Les pays qui ont fermé les frontières, les écoles et une bonne partie de l’économie ont frappé la contagion suffisamment fort pour aplatir la première vague.

Mais l’élément le plus intéressant de son article, c’était sur ce qui arrive après la première vague. Après le marteau, dit Pueyo, on va devoir apprendre à danser avec les prochaines vagues de contagion. On doit apprendre les bons mouvements pour stopper la propagation du virus avant qu’une vague ne prenne de l’ampleur, sans avoir besoin de ressortir le marteau.

Coronavirus cases

La métaphore utilisée par Pueyo est très utile pour mieux comprendre ce qu’on vit actuellement. Si on veut pouvoir contrôler la situation sanitaire sans compromettre notre économie, on doit apprendre les bons pas de danse pour mieux diriger notre bataille contre le virus. Si la contagion monte, on reconfine un peu à gauche, alors que si la contagion descend, on déconfine un peu à droite.

On doit être capable d’agir avec ce genre de précision chirurgicale pour étouffer la contagion dès qu’elle apparait, sans pour autant étouffer notre économie.

Des frappes chirurgicales contre le virus

Concrètement, au Québec, on a maintenant un système d’alertes régionales pour articuler cela. Ça fonctionne avec quatre paliers de couleurs : vert pour les régions où la contagion est sous contrôle, jaune là où ça se fragilise, orange là où ça s’aggrave plus sérieusement et rouge comme niveau d’alerte maximale.

Système d'alerte régionale et d'intervention graduelle à 4 paliers

Si un reconfinement est nécessaire, il se fera donc en fonction du niveau de contagion propre à une région particulière. Si rien ne va plus à Laval, par exemple, on pourrait y fermer certains types de commerce, sans pour autant toucher à ceux de Montréal et du reste Québec. De la même façon, ce n’est pas parce que l’Outaouais ne l’a pas facile que la Gaspésie sera dans le rouge.

Autrement dit, on ne refermera pas le Québec au complet, d’un seul coup, comme on a vu au printemps. Et même si on doit reconfiner certaines régions en particulier, on va d’abord viser les secteurs les plus problématiques. Ceux où on n’arrive pas à appliquer convenablement les consignes de santé publique. On pourrait, par exemple, fermer les bars sans fermer les écoles, comme on l’a vu en Colombie-Britannique.

À nous de danser

En suivant ce système d’alerte et en continuant de tester massivement, on devrait réussir à danser avec le virus et à le frapper de façon chirurgicale. On ne devrait donc pas avoir à refermer le Québec au grand complet.

Dans le pire des cas, certains secteurs dans certaines régions pourraient être reconfinés momentanément. Dans le meilleur des cas, la population va continuer à respecter les consignes de santé publique et on va continuer à avancer prudemment vers le déconfinement.

Le choix nous appartient.

2020 est-elle la pire année de votre vie?

 

 28 août 2020

Je lisais dernièrement qu’un Canadien sur deux considère que 2020 est la pire année de toute sa vie. Ce n’est pas rien! C’est donc dire que la moitié de la population canadienne estime que cette année est la plus difficile de toute son existence. C’est l’un des constats qui émanent d’un sondage hebdomadaire de la firme Léger publié le 10 août dernier.

Il est évident que vivre — ou plutôt subir — une pandémie mondiale, c’est loin d’être rose, on s’entend.

Mais est-ce que l’année 2020 est véritablement la pire de notre existence?

Pour ma part, j’aurais toutes les raisons d’affirmer que oui, de m’acharner sur mon sort en me plaignant que la vie m’en veut et que 2020 est, sans l’ombre d’un doute, une année à oublier, voire la pire jamais vécue.

Par exemple, j’ai dû me résigner à reporter le mariage que mon conjoint et moi planifions depuis trois ans. J’ai dû dire adieu à deux voyages dont j’avais TANT besoin. J’ai dû ramasser mon copain à la petite cuillère en raison de l’annulation de sa dernière session en soins infirmiers, avec tout ce que ça implique de ne pas pouvoir graduer dans les délais prévus, après avoir buché deux ans dans un programme accéléré. Et, évidemment, j’ai dû jongler, moi aussi, avec tous les nombreux désagréments engendrés par le coronavirus.

Mais, avec un pas de recul, mon côté optimiste a tendance à retenir davantage le positif de cette année noire… (Eh oui, il y en a!)

Voir le verre à moitié plein

Bien sûr, perdre son emploi, se séparer, faire le deuil d’un proche, perdre quelqu’un en raison de ce satané virus, faire faillite, devoir repousser une chirurgie ou des traitements, ne plus pouvoir voir ses proches ou se serrer dans nos bras comme avant, voir son niveau de stress financier augmenter, vivre des problèmes de santé mentale, se sentir isolé, désemparé, dépressif et peut-être même en colère devant toutes les incertitudes et les mesures sanitaires imposées en raison du virus, ce n’est pas facile. Les soucis et les dommages collatéraux entourant la COVID-19 sont innombrables et n’ont pas fini d’avoir des répercussions dans nos vies et celles de nos proches.

Mais, je refuse de voir le verre à moitié vide.

Oui, la COVID, c’est de la merde. Personne n’a souhaité vivre ça et tout le monde a hâte qu’on en finisse et qu’on vienne enfin à bout de ce virus une fois pour toutes pour enfin recommencer à vivre comme avant.

Mais malgré tout, je suis persuadée qu’en tant qu’être humain, qu’en tant que société, qu’en tant que nation, nous ressortirons profondément changés et grandis de cette épreuve, que la COVID-19 nous lèguera, finalement, quelque chose de positif.

Se (re)connecter

Le confinement nous aura forcés à ralentir et à revenir à l’essentiel. Bien sûr, tout le monde n’a pas vécu le confinement de la même manière. (Je pense ici à tous nos anges gardiens du réseau de la santé et tous les travailleurs essentiels qui, eux, n’ont vraiment pas chômé pendant le confinement…) Mais, globalement, j’ai l’impression que ce temps de pause aura permis à plusieurs personnes de faire de l’introspection et d’opérer certains changements dans leur vie… pour le mieux.

Personnellement, je me suis rapprochée des gens que j’aime. Presque chaque soir, je faisais des appels « FaceTime » avec mes parents et mes frères, juste pour jaser… chose que nous n’avions jamais faite auparavant. Je n’ai jamais autant appelé mes grands-parents ou pris des nouvelles de mes ami(e)s. Avec du recul, cela peut paraître bizarre, mais j’ai l’impression que le fait de ne pas pouvoir se voir nous a rapprochés. Il y a aussi eu tout ce bel élan de solidarité avec les arcs-en-ciel dans les fenêtres qui nous rappelait, quand on prenait nos marches (à la suggestion du premier ministre lui-même!), que nous étions tous ensemble dans ce même bateau.

Parallèlement, de nombreuses entreprises ont dû se doter, à vitesse grand V, de systèmes informatiques pouvant permettre à leurs employés de travailler à distance. Je crois que cette modernisation rapide des milieux de travail est l’un des avantages de la pandémie. La possibilité de faire son métier à partir de n’importe où peut, dans une perspective d’avenir, devenir une avenue très séduisante pour une meilleure conciliation travail-famille ou encore pour un meilleur équilibre de vie. Quoi de plus agréable que de travailler en mou, dans le confort de son foyer en ayant la possibilité de faire son lavage? Certains ont même profité de la possibilité de travailler à distance pour fuir la ville et s’installer en campagne. À en croire un sondage de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), qui rapporte que 6 travailleurs sur 10 souhaiteraient poursuivre le travail à distance après la pandémie, il y a fort à parier que le télétravail continuera de gagner des adeptes… et, qui sait, permettra peut-être même  de repeupler nos régions!

Dépenser chez nous

Parlant des régions, ces dernières ont pu, elles aussi, bénéficier des avantages de la pandémie, alors que les Québécois ont profité, de la période estivale plus que jamais pour les (re)découvrir.

On se souviendra qu’au moment de déconfiner graduellement les différents secteurs de notre économie, les campeurs québécois étaient nombreux à taper du pied et à réclamer au gouvernement de permettre, sans plus attendre, la réouverture des terrains de camping. Jamais ce loisir n’aura soulevé autant les passions au Québec! Eh bien, je serais prête à parier que bien des gens se sont nouvellement découvert un intérêt insoupçonné pour les nuits à la belle étoile et les journées au grand air.

À preuve, les cartes annuelles de la Sépaq, offertes à moitié prix spécialement en temps de pandémie, se sont envolées comme des petits pains chauds. Pas moins de 60 000 laissez-passer annuels pour nos parcs nationaux ont trouvé preneurs en seulement 24 heures.

Idem pour les autres lieux d’hébergement touristique : il fallait s’y prendre à l’avance pour espérer pouvoir dénicher quelques nuitées sur un terrain de camping, dans un hôtel, un chalet ou un bed and breakfast en région au Québec, particulièrement lors des deux très populaires semaines de la construction!

À mes yeux, découvrir le Québec n’est pas un prix de consolation. L’immensité de notre territoire, la beauté de nos grands espaces et nos produits du terroir n’ont rien à envier à quiconque!

Consommer local

D’ailleurs l’engouement pour les produits de nos vignobles, microbrasseries, distilleries, cidreries et entreprises agrotouristiques québécoises de toutes sortes fut aussi sans aucune commune mesure cet été au Québec. Plusieurs entreprises ont été littéralement dévalisées et ont enregistré des ventes record! Beau problème me direz-vous…

Parmi les leçons qu’il faudra tirer de la pandémie, l’importance de l’autosuffisance (de la production de matériel médical et de médicaments), mais aussi de l’autonomie alimentaire trônent, à mon avis, en tête de liste.

Déjà, le gouvernement a posé un geste important en ce sens avec la réduction des tarifs d’hydroélectricité liés à la production en serres. Grosso modo, ce nouveau tarif préférentiel va permettre aux producteurs en serres d’économiser pas moins de 40 % sur leur coût annuel en énergie, une mesure qui devrait profiter à près de 1000 producteurs au Québec… et, ultimement, nous permettre de consommer des fruits et légumes frais du Québec à l’année.

Moi, ça me rend fière de choisir de bons produits fabriqués ou cultivés ici, par des passionnés de chez nous à la sueur de leur front. Et c’est en partie comme ça qu’on va la relancer notre économie, en donnant les moyens à nos entrepreneurs et à nos producteurs de continuer à faire ce qu’ils font de mieux.

Le début d’un temps nouveau

Le 1er janvier dernier, là où tout le monde se souhaitait une année grandiose, pleine de changements positifs, de résolutions inspirantes, de santé et de succès dans leurs études, personne ne se doutait que, finalement, le début de cette nouvelle décennie serait tout sauf comme on l’avait imaginé.  Si vous m’aviez demandé, il y a quelques mois, au pic de la pandémie, si 2020 était la pire année de ma vie, j’aurais répondu à l’affirmative sans hésiter.

Aujourd’hui, avec un pas de recul, si on me posait la question, ma réponse serait bien différente. Certes, la COVID-19 nous aura frappés de plein fouet sans aviser. Les écueils de cette année pandémique laisseront des marques indélébiles. Mais, comme le chantait la chanteuse Renée Claude, emportée tristement par la COVID à l’âge de 80 ans, pour moi, « c’est le début d’un temps nouveau ». La vie ne sera plus jamais comme avant… et je suis persuadée que ce sera pour le mieux!

 

 

 

Relancer quelle économie?

 
Relancer quelle économie?

 19 août 2020

Une économie, c’est très rare que ça prend une pause. Ou du moins, c’est très rare que ça ralentit aussi brutalement que ce qu’on a vu dans les derniers mois. Tant mieux, parce que c’est désastreux quand ça arrive. Pour nos entreprises, pour nos familles, pour nos jeunes, c’est un choc qui va continuer de se faire sentir pendant des années.

Mais c’est aussi une occasion. Une rare occasion d’ajuster notre jeu entre deux périodes. De s’arrêter pour réfléchir au Québec qu’on veut laisser à nos enfants.

La mauvaise nouvelle, c’est que le choc a été dur. Très dur. La bonne nouvelle, c’est qu’on était en train de prendre les devants avant que le confinement arrive. Notre économie roulait à plein régime et cette position enviable ne s’est pas envolée avec la pandémie. Elle nous donne maintenant tout ce qu’il faut pour nous relever encore plus fort.

La question n’est donc pas de savoir si notre économie va repartir, mais plutôt quand, et surtout, comment. Il n’y a évidemment pas une seule bonne réponse à cette question, mais si on y pense bien, il y a une certaine vision du Québec qui se dessine. La vision d’un Québec plus prospère, plus scolarisé et plus vert.

À long terme, c’est l’éducation qui doit être notre grande priorité. À moyen terme, c’est l’augmentation des investissements privés dans des domaines d’avenir qui nous permettra de nous enrichir collectivement. Et à court terme, c’est l’accélération des projets d’infrastructure qui servira de bougie d’allumage pour relancer notre économie.

Un choc économique sans précédent

Dès la mi-mars, Angela Merkel en a surpris plusieurs en parlant de la pandémie comme du « plus grand défi depuis la Deuxième Guerre mondiale ». Venant de la chancelière allemande, disons que la déclaration avait un certain poids. Mais tout de même, à ce moment-là, il y en avait plusieurs pour y voir de l’enflure verbale.

Quelques mois plus tard, les chiffres lui donnent pourtant raison. Le nombre de décès s’approche déjà des plus importantes guerres des sept dernières décennies. Et le portrait n’est pas plus joyeux du côté économique.

Pour 2020, on prévoit ainsi une chute du produit intérieur brut (PIB) mondial de 4,9%, et de 8% pour les pays avancés seulement. À titre de comparaison, la crise économique de 2008 avait engendré une baisse de 1,7% du PIB mondial en 2009. Il faut remonter à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour trouver un équivalent à ce qu’on vit actuellement.

Et même en retournant 150 ans en arrière, la pandémie de coronavirus continue de battre des records. Jamais dans le dernier siècle et demi n’aura-t-on vu autant de pays en récession simultanément.

Proportion de pays en recession

Graphique : https://blogs.worldbank.org/opendata/understanding-depth-2020-global-recession-5-charts

Le Québec n’a pas été épargné par ce choc sans précédent, loin de là. La chute anticipée de notre PIB en 2020 est plus forte que la moyenne mondiale, à 6,5%. Pour l’ensemble du Canada, on prévoit une baisse de 6,1%. Pour les États-Unis, on parle de 8%.

Il faut dire que le Québec est l’un des endroits en Amérique du Nord, et même dans le monde, où les mesures de confinement ont été les plus fermes au début de la pandémie. Notre discipline collective a permis de sauver des milliers de vie, mais elle a aussi engendré des pertes d’emplois plus importantes qu’ailleurs. Ceci explique cela.

On part en position enviable

Mais la bonne nouvelle dans tout ça, donc, c’est que le Québec était dans une position enviable avant le confinement. Notre économie flirtait avec la position de tête pour trois indicateurs clés : la croissance économique, le taux de chômage et l’état des finances publiques.

Du côté de la croissance, en 2019, le Québec a surpassé nos voisins ontariens, tous les pays du G7, et même de l’ancien G8! Tout indique que notre économie sera en mesure de continuer sur cette belle lancée après le choc de 2020. Déjà, les prédictions du Québec pour 2021 dépassent celles du reste du Canada. Bien sûr, il demeure beaucoup d’incertitude sur l’évolution de la pandémie et le moment de la relance, mais le Québec a tout ce qu’il faut pour repartir en force.

Croissance du PIB en 2019

Données : https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NY.GDP.MKTP.KD.ZG?year_high_desc=true

Du côté du taux de chômage, les chiffres du Québec avaient de quoi impressionner depuis un an. On a carrément réécrit notre livre des records en la matière durant l’automne, et on s’est constamment maintenu sous la moyenne canadienne.

La pandémie a frappé plus fort chez nous qu’ailleurs au Canada, particulièrement chez les jeunes, mais on a retrouvé la position de tête en juillet. Un résultat qui a de quoi nous rassurer sur la résilience de notre économie et sur sa capacité à repartir sur les chapeaux de roue.

Taux de chômage juillet 2019 - juillet 2020

Données : https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/14-20-0001/142000012018001-fra.htm

Du côté des finances publiques, le Québec est tout simplement le champion canadien. Lors de la dernière mise à jour des résultats financiers pour 2019-2020, le Québec était, et de loin, la province ou le territoire ayant déclaré le surplus le plus important. L’Ontario, l’Alberta, le Manitoba et la Saskatchewan, notamment, devaient pour leur part engranger des déficits.

Les effets de la pandémie continueront sans doute de chambouler ces prédictions et de se faire sentir encore longtemps. Pour 2020-2021, on prévoit déjà un déficit historique au Québec, quoique nettement inférieur à l’Ontario. Malgré cela, tout indique que nos finances sont celles qui auront le plus de facilité à absorber le choc et à s’en remettre.

Surplus / déficit 2019-2020

Données : https://stat.gouv.qc.ca/statistiques/economie/comparaisons-economiques/interprovinciales/chap13.pdf

On doit aussi revenir de l’arrière

Si les signaux économiques étaient au vert avant la pandémie, il ne faut pas oublier qu’on avait aussi un retard à rattraper. Depuis plusieurs décennies, l’économie québécoise traine de la patte face à notre voisin ontarien. L’écart est particulièrement criant du côté de la productivité.

Productivité du travail

Graphique : https://ehw.395.myftpupload.com/wp-content/uploads/2020/04/IDQ-Qu%c3%a9bec-Ontario-final.pdf

Le rattrapage avait déjà commencé avec nos belles performances de la dernière année. On a maintenant tout ce qu’il faut pour que ça se poursuive. La relance économique est l’occasion parfaite de se donner un grand défi collectif avec le rattrapage économique. Pas parce que la richesse est une fin en soi, mais parce qu’elle va nous donner les moyens de nos ambitions. Les moyens de s’offrir de meilleurs services publics et de bâtir un Québec plus fort.

Un des moyens les plus efficaces, à court terme, pour augmenter notre productivité, c’est le virage industriel vers la robotisation. Si on veut rattraper l’Ontario, on va devoir pousser davantage de nos entreprises dans cette voie. Ça tombe bien, parce que le Québec est en train de cimenter son expertise mondiale en intelligence artificielle. Il n’y a qu’un pas entre le développement de cette expertise et son application à notre secteur industriel.

Mais le rattrapage économique de notre voisin ontarien ne sera pas l’affaire de quelques investissements, ni, d’ailleurs, de quelques années. C’est un projet qui s’étalera vraisemblablement sur des décennies. On doit donc agir à court terme tout en s’appuyant sur une vision à long terme. Et pour s’enrichir collectivement sur l’espace de plusieurs décennies, il n’y a pas de levier plus puissant que l’éducation.

Miser sur l’éducation

L’éducation, c’est d’abord un moyen pour nos enfants d’aller au bout de leur potentiel. C’est un moyen de les outiller pour la vie qui les attend, de nourrir leurs passions et de les pousser à se dépasser. C’est un moyen de leur transmettre notre culture et notre histoire.

Mais d’un point de vue collectif, c’est aussi un formidable moteur économique. Un peuple plus scolarisé est un peuple plus riche, dans tous les sens du terme. Et en termes de croissance économique, il n’y a pas de meilleurs investissements à long terme que l’éducation.

La logique est simple : en moyenne, une personne avec un plus grand degré de scolarité sera plus productive. Une personne avec un diplôme secondaire, par exemple, est généralement plus productive qu’une personne qui n’en a pas. Un Québec plus scolarisé devrait donc engendrer une économie plus productive.

D’ailleurs, parallèlement à notre retard de productivité face à l’Ontario, nous accusons aussi un retard en matière de réussite scolaire. Les jeunes ontariens sont plus nombreux à finir leur secondaire et, donc, moins nombreux à décrocher.

Taux de diplomation secondaire 2017

Données : https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/81-604-x/2019001/tbl/tbla2.1-fra.htm

Pour renverser la vapeur et motiver nos jeunes à persévérer à l’école, il y a un geste très concret qu’on peut poser dès maintenant. C’est d’enfin bâtir les belles écoles qu’ils méritent. Ça fait beaucoup trop longtemps qu’on tolère des écoles en décrépitude et des locaux trop pleins. Comment peut-on demander à nos jeunes de persévérer quand on s’investit si peu dans leurs écoles? Ils méritent mieux que ça, et c’est à nous de leur offrir.

Il faut que la relance économique reste comme un point de bascule en éducation. Comme le moment où on a enfin accéléré le chantier d’une nouvelle génération d’école. Pour que dans 30, 40 ans, on se souvienne des années 2020 comme du tournant qui aura permis de combler notre retard économique en bâtissant un Québec plus scolarisé.

Stimuler l’économie verte

Pour réussir notre rattrapage économique, nous devons aussi agir sur un horizon un peu moins lointain, à moyen terme. Sur ce front, l’un des leviers les plus efficaces est l’augmentation des investissements privés. C’est un moyen de faire grimper notre productivité et de créer des emplois payants en quelques années, dans toutes les régions du Québec. Et si on canalise ces investissements dans la bonne direction, dans des domaines d’avenir, c’est à la fois un moyen de s’enrichir à moyen et long terme.

L’un de ces domaines d’avenir par excellence, c’est l’économie verte. Malgré la pandémie, les changements climatiques restent la principale menace à l’économie mondiale à long terme. L’électrification de l’économie et le développement de technologies vertes seront donc cruciaux dans la décennie à venir.

De ce côté-là, le Québec a l’avantage de partir en position de tête. Il n’y a aucune autre province ou territoire au Canada qui produit moins de GES par habitant. Notre hydroélectricité fait de nous un des meilleurs endroits au monde pour investir dans l’économie verte. C’est une de nos grandes forces sur laquelle il faut miser.

Émission de GES par habitant 2017

Données : http://www.environnement.gouv.qc.ca/changements/ges/2017/inventaire1990-2017.pdf

En plus de notre énergie propre, on a la chance de disposer d’immenses réserves de lithium dans le Nord québécois, l’un des ingrédients essentiels à la production de batteries. Le Québec est aussi l’un des principaux pôles mondiaux en intelligence artificielle, un ingrédient devenu essentiel dans la production de voitures intelligentes.

En additionnant tout ça, ce n’est pas difficile d’imaginer que le Québec pourrait devenir une plaque tournante du transport électrique de demain. Avec un peu d’imagination, on peut même s’imaginer recharger une batterie québécoise dans notre voiture intelligente, nos camions ou nos autobus avec l’énergie provenant de nos barrages hydroélectriques.

Ça peut paraitre audacieux, et ce l’est effectivement. Mais le Québec a plus que jamais besoin d’audace. C’est l’ingrédient qui va continuer de pousser notre nation à se relever plus fort des épreuves qu’on traverse.

Les infrastructures comme bougie d’allumage

À long terme, donc, c’est sur l’éducation qu’il faut miser. À moyen terme, ce sont les investissements privés dans des domaines d’avenir comme l’économie verte qui vont nous enrichir. Mais à court terme, on a aussi besoin d’une bougie d’allumage. Comme tout grand projet, la relance économique a besoin d’une étincelle.

S’il y a bien une recette qui a fait ses preuves par le passé pour repartir une économie rapidement, ce sont les investissements publics en infrastructure. D’abord parce que la construction a un effet immédiat sur l’emploi et l’activité économique. Mais aussi parce que le retour sur investissement est énorme à long terme.

C’est l’occasion de bâtir des belles écoles qui vont profiter à nos enfants pendant des décennies. Des maisons des aînés qui vont nous permettre de mieux prendre soin de nos personnes âgées. Des tramways et des réseaux de transport électriques qui vont nous aider à réduire nos émissions de GES.

Le Québec n’a pas traversé d’aussi grande tempête depuis des décennies. La relance économique est l’occasion d’en ressortir plus fort. C’est l’occasion de relever le grand défi collectif du rattrapage économique. Et surtout, c’est l’occasion de bâtir un Québec qui nous fait rêver. Un Québec plus scolarisé, plus vert et plus prospère.

Un Québec plus fort et plus fier.