Opinion

Une nouvelle entente profitable pour tous


Il est essentiel que le gouvernement obtienne des garanties pour protéger des emplois de Bombardier.

Dans sa chronique « Le populisme économique primaire », Alain Dubuc aborde l’investissement du gouvernement du Québec dans les avions de la Série C de Bombardier.

Depuis plusieurs semaines, ce dossier est au cœur des discussions à l’Assemblée nationale. Il est tout à fait normal qu’un investissement de 1,3 milliard de fonds publics fasse l’objet d’un débat sérieux et ouvert.

Bombardier est une entreprise stratégique dans notre économie. Elle emploie aujourd’hui 17 000 personnes au Québec. Les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale désirent tous sa réussite. Une aide gouvernementale est justifiée pour permettre sa relance. Ne rien faire n’est pas une option.

D’ailleurs, le gouvernement fédéral doit aussi être un partenaire. Les hésitations du fédéral ont assez duré. Un message sans ambiguïté pour la relance de Bombardier doit être lancé par le gouvernement Trudeau.

Exiger des garanties

Tous les pays industrialisés aident leurs entreprises stratégiques à affronter la concurrence et les périodes difficiles. À certaines conditions, cependant. Par exemple, ces entreprises doivent s’engager en retour à maintenir ou à créer des emplois. L’échange doit être profitable pour l’entreprise et les contribuables.

Malheureusement, le premier ministre Couillard n’a exigé ni obtenu de garanties pour protéger des emplois de Bombardier. Il n’a pas non plus obtenu de garanties sur la présence du siège social au Québec.

Une nouvelle entente est donc nécessaire pour inclure des garanties. C’est incontournable. Il y a 1,3 milliard de fonds publics en jeu!

L’entente doit comporter selon moi trois conditions. Premièrement, Bombardier doit s’engager à maintenir son siège social au Québec. L’entreprise doit aussi maintenir un plancher d’emplois qui pourrait s’appliquer de façon flexible à l’ensemble de ses divisions. Enfin, comme troisième condition, le gouvernement doit offrir son soutien aux 1800 employés d’Aveos dans son conflit l’opposant à Air Canada.

M. Dubuc en conviendra avec moi : les travailleurs d’Aveos ne méritaient pas de servir de monnaie d’échange.

Il nous faut donc une nouvelle entente, en incluant le gouvernement fédéral comme signataire. Cette nouvelle entente serait profitable pour tous. Elle serait dans le meilleur intérêt des contribuables et de Bombardier.