Opinion

Le Plan Nord, mais encore...


D’entrée de jeu, convenons que s’assurer d’avoir un plan de développement durable et responsable de nos ressources minières devrait être la responsabilité de tout gouvernement du Québec, toute allégeance confondue. Dans cet esprit, le Parti libéral de Jean Charest avait misé sur un branding, celui du «Plan Nord». Le projet avait son mérite, mais l’instabilité générée par le passage catastrophique du PQ au gouvernement entre 2012 et 2014 et le cycle baissier du prix des métaux ont mis un frein à son expansion.

Cela dit, que le gouvernement Couillard fasse tout un spectacle la semaine dernière pour lancer son plan Nord 2.0, en le présentant comme une des pièces maîtresses d’une relance durable de l’économie du Québec, témoigne de son incapacité à saisir les défis auxquels fait face le Québec.

Les perspectives annoncées

Soyons réalistes, la nouvelle mouture de ce plan de développement des ressources minières aura peu d’impact à court et moyen terme sur la relance de l’économie. Le budget déposé le 26 mars dernier confirme que malgré l’effervescence économique observée chez nos voisins américain et la baisse importante du dollar canadien, le Québec continuera pour les années à venir d’entretenir une performance économique à la traîne de ses principaux partenaires commerciaux.

La clé du succès

La clé d’un succès durable pour le Québec se trouvera d’abord dans le dynamisme de son entrepreneuriat, dans une obsession pour l’innovation et dans une explosion de ses exportations et des investissements privés. Le tout, encadré et propulsé par une vision et un plan concret.

Ce que le gouvernement propose

Que nous offre le dernier budget? Au chapitre des investissements, le gouvernement s’engage à «ouvrir un dialogue quant aux meilleurs moyens de favoriser la croissance et les investissements des entreprises du Québec». Après une année au pouvoir, ce dialogue aurait déjà dû avoir lieu! En fait, ça devrait être une obsession pour le gouvernement, et les propositions concrètes devraient déjà être en voie d’être implantées.

Côté innovation, le budget prévoit des investissements faméliques « pour renforcer la formation de partenariats entre les chercheurs et les entreprises » (Page B.38). Ces partenariats sont pourtant la pierre angulaire d’une économie moderne et performante, et devraient être l’inlassable priorité de nos gouvernements qui se succèdent. Pas un mot sur l’aide à l’internationalisation de nos PME, alors que c’est l’un des principaux défis auxquels elles font face. Ce gouvernement n’a pas d’ambition.

Besoin d’un catalyseur

Ce gouvernement, comme ceux qui l’ont précédé, pourra toujours se draper dans la mise en place d’une série de mesurettes et de saupoudrages. Cependant, le temps des grands discours et des shows de boucane est révolu. La compétition internationale est féroce, les enjeux pour nos entreprises et les réalités du Québec sont complexes et nécessitent une réponse conjointe de l’ensemble des acteurs économiques québécois, le gouvernement y compris!

Est-ce trop de demander à notre gouvernement de se brancher sur la réalité du Québec d’aujourd’hui et se faire le catalyseur qui accompagnera le Québec pour mettre un terme à son déclin tranquille et se hisser parmi les meilleurs au monde?