Opinion

Fuite en avant des libéraux!


Fuite en avant des libéraux!

Nous sommes à un tournant majeur dans notre lutte contre les changements climatiques. Cette semaine, le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, s’envolera pour la Ville lumière afin de participer à la Conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques.

Je me réjouis de l’importance qu’accordent tous les leaders des quatre coins du monde à arriver à un accord ambitieux. Bien heureusement, le Québec ne fait pas exception face à cet enjeu qui dépasse les frontières et ne se présentera pas à Paris les mains vides. Je suis convaincu que la COP 21 sera l’occasion pour nous de réaffirmer et de consolider notre rôle de leader mondial dans l’amorce de ce nouveau chapitre environnemental.

Toutefois, j’ai de grandes inquiétudes, notamment au niveau économique, avec le plan présenté plus tôt ce mois-ci par le gouvernement libéral de Philippe Couillard. Force est d’admettre qu’une fois de plus, ce gouvernement rate la cible. Son manque de leadership et de compétence en matière d’économie le rattrape et les gestes que David Heurtel, ministre responsable de la Lutte aux changements climatiques, s’apprête à poser nuiront inutilement à notre économie à long terme.

Fuite importante de nos capitaux

Bien qu’elle paraisse ambitieuse, la cible québécoise de réduction de 37,5 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, sous les seuils de 1990, n’est rien de tel. La stratégie adoptée pour l’atteindre révèle plutôt son amateurisme et son manque d’ambition. La qualité d’un ministre de l’Environnement se mesure non pas par la cible de réduction qu’il se fixe, mais par les moyens qu’il met en œuvre pour atteindre ses objectifs.

En réalité, près de la moitié du plan libéral repose sur un stratagème de compensation. Celui-ci se résume à recourir massivement à l’achat de « droits de polluer » sur le marché du carbone, au lieu d’investir dans des mesures concrètes et d’envergure de réduction des GES, une stratégie remise en doute par plusieurs acteurs économiques.

Ce que les Québécois ne savent pas, c’est qu’à Paris, Philippe Couillard et David Heurtel s’engageront à réduire l’inventaire carbone du Québec de 26 % par rapport à 1990. L’écart, soit 11,5 %, sera comblé par l’entremise d’achats de droits à polluer  au coût d’au moins 327 millions de dollars auprès des États qui participent ou qui se joindront au marché du carbone, comme la Californie. Cette stratégie, qui s’apparente fortement à une forme de duperie permettant de gonfler la cible de réduction, mine la crédibilité du Québec en matière environnementale.

Comment David Heurtel compte-t-il défendre son plan de compensation devant les grands leaders de l’Union-Européenne et des États-Unis, qui eux ont choisi d’exclure entièrement cette méthode dans leur plan d’action visant à atteindre leur cible de réduction?

La stratégie du Parti libéral est simple : elle consiste en une fuite de capitaux de centaines de millions de dollars, des sommes non négligeables dans le contexte économique actuel, qui auraient pu être investies dans des projets innovants et créateurs de richesse et d’emplois de qualité au Québec. Cette fuite vient également alourdir notre balance commerciale, déjà déficitaire de 23 milliards.

Nous sommes à l’aube d’une nouvelle réalité mondiale. Sous peu, on verra certains États se retrouver dans la position avantageuse où ils bénéficieront de capitaux étrangers par la vente de crédits de carbone. Un certain nombre d’autres États se retrouveront, eux, dans la fâcheuse position où ils devront payer des millions pour acheter des droits de polluer.

Eh bien croyez-le ou non, malgré tout le potentiel hydroélectrique et les capacités innovantes du Québec, Philippe Couillard planifie que le Québec se retrouvera dans la seconde catégorie. Quel manque d’ambition!

En acceptant et en encourageant la fuite de capitaux du Québec vers l’étranger, Philippe Couillard consacre la fuite de ses propres responsabilités de premier ministre du Québec envers les Québécois d’aujourd’hui et demain.