Philippe Couillard et l’immigration


 Publié le 10 mars 2016

Loin de la réalité, Philippe Couillard continue d’ignorer tous les signaux et refuse d’admettre que le Québec est confronté à de sérieux problèmes de francisation des immigrants, dénonce François Legault.

Si seulement le premier ministre mettait autant d’énergie sur la lutte au décrochage et sur l’alphabétisation qu’il en met à jouer au grand moralisateur avec ses adversaires et à lancer des accusations gratuites, on parviendrait à augmenter la population active du Québec, soutient le chef de la CAQ.

« Personne dans cette chambre n’est contre l’immigration. On ne demande pas de fermer les frontières, on demande seulement de s’assurer que les immigrants qui viennent s’établir au Québec apprennent le français. Le premier ministre nous a dit que le Québec n’avait pas le choix d’augmenter les seuils d’immigration. Or, il y d’autres moyens d’augmenter notre population active. On peut mieux lutter contre le décrochage scolaire pour permettre à plus de jeunes d’avoir accès à de bons emplois. On peut travailler sur l’alphabétisation pour permettre à plus d’adultes d’avoir accès à des emplois de qualité. Le premier ministre est à la tête de la seule nation francophone en Amérique. Quand va-t-il démontrer une sensibilité à ces questions sans tomber dans les caricatures grossières? », a déclaré le chef de la CAQ.

Que Philippe Couillard le veuille ou non, les faits demeurent les mêmes, a rappelé François Legault : 41 % des nouveaux immigrants ne parlent pas français et 72 % de ces derniers ne suivent pas de cours de français. Le premier ministre ne peut plus défendre l’indéfendable. « Je ne comprends pas pourquoi le premier ministre est à ce point insensible à l’avenir de la seule nation francophone en Amérique. On ne parle pas d’intolérance, on parle d’une intégration réussie », insiste M. Legault.

Attitude dénoncée

L’attitude du premier ministre face au chef de la CAQ, François Legault est d’ailleurs fortement dénoncée par les différents chroniqueurs politique.

C’est le cas notamment de Tania Longpré, du Journal de Montréal , qui se désole de constater que pour Philippe Couillard, réfléchir au sujet de l’amélioration de l’intégration des immigrants, c’est d’être intolérant.

«Taxer quelqu’un d’intolérant est d’ailleurs l’attaque la plus facile dans ce type de dossier, lorsque nous ne pouvons pas répondre par un argument solide aux inquiétudes des autres. Je pense que pour solidifier votre position, vous êtes prêt à tomber rapidement dans de douteux amalgames alors que les questionnements de Monsieur Legault sont légitimes», déplore-t-elle.