Opinion

Pourquoi la CAQ votera contre le projet de loi 20


Avec sa majorité parlementaire à l’Assemblée nationale, le Parti libéral du Québec est sur le point de faire adopter le projet de loi 20 qui doit améliorer l’accès aux soins de santé et qui met fin à la couverture publique du programme de procréation assistée. La Coalition Avenir Québec votera contre le projet de loi 20 pour plusieurs raisons.

J’ai participé activement aux consultations particulières, lu les mémoires, rencontré différents groupes, débattu avec le ministre lors de l’étude détaillée, déposé des amendements et parlé avec de nombreux citoyens qui veulent tous que l’accès aux soins dans le réseau de la santé soit amélioré.

On le sait, les urgences du Québec débordent depuis des années. L’accès aux médecins de famille est difficile, notamment les soirs et fins de semaine. Le temps d’attente pour l’accès aux chirurgies s’est détérioré depuis l’arrivée au pouvoir du Parti libéral du Québec.

Les objectifs d’augmenter la prise en charge des patients sont bons, mais les moyens employés par le ministre de la Santé ne le sont pas. Les risques et conséquences du projet de loi sont nombreux. J’ai donc proposé 7 solutions constructives et plusieurs alternatives pour adresser les principaux problèmes liés à l’accès aux soins de santé.

J’ai proposé au caucus des députés de la CAQ de voter contre le projet de loi pour plusieurs raisons importantes.

Premièrement, le ministre Barrette a choisi de normaliser les frais accessoires que les patients vont payer lorsqu’ils iront consulter un médecin en cabinet ou en clinique. J’ai proposé 3 idées pour que les patients ne paient plus de frais accessoires et déposé un amendement pour convaincre le ministre, mais sans succès.

Par ailleurs, la facture du projet de loi 20 sera élevée, car le ministre conserve le mode de rémunération des médecins qui sont majoritairement payés à l’acte. Avec le système actuel, plus les médecins posent des actes médicaux, plus ils sont payés. Il faut changer le mode de rémunération des médecins.

Troisièmement, l’accès aux médecins spécialistes et aux chirurgies ne sera pas amélioré avant longtemps. Il existe pourtant une solution qui peut donner des résultats assez rapidement. Il faut déployer davantage d’ententes entre des cliniques privées et des hôpitaux, sans frais pour les patients. Ces ententes sont bonnes pour les patients, les contribuables et les finances publiques.

Enfin, je me suis battu afin de maintenir la couverture publique du programme de procréation assistée, notamment la fécondation in vitro. Il est possible de réduire les coûts de ce jeune programme et de l’encadrer, afin de donner à ceux qui ne le peuvent, la chance de fonder une famille.

Soulignons qu’au terme d’une bataille politique intense sur les heures d’ouverture des GMF les soirs et fins de semaine, j’ai réussi à obtenir, à l’arraché, un amendement qui devrait permettre d’améliorer l’accès aux heures défavorables. C’est un gain pour vous et les patients.

Bref, les attentes des patients et des citoyens sont élevées, mais ils risquent d’être déçus avec ce projet de loi. Il aurait été possible de faire différemment et nous jugerons les résultats du ministre d’ici les prochaines élections.

François Paradis
Député de Lévis et porte parole de la CAQ en matière de santé