Opinion

POUR UNE POLITIQUE RESPONSABLE ET RÉALISTE


POUR UNE POLITIQUE RESPONSABLE ET RÉALISTE

Au cours des prochains jours, le gouvernement procédera à une consultation publique, à l’Assemblée nationale, en vue d’établir une nouvelle politique d’immigration pour le Québec. Cette initiative constitue une étape importante pour l’avenir du peuple québécois. L’occasion est belle de dresser le bilan des orientations et des actions gouvernementales dans ce domaine.

Un constat s’impose : le Québec doit, de toute urgence, repenser sa stratégie et déployer des efforts supplémentaires pour mieux fixer les contours de sa politique d’intégration. L’État doit faire mieux pour la francisation, l’accès au marché du travail et l’intégration des nouveaux arrivants. En effet, si les nouveaux Québécois font le choix courageux de quitter leur pays pour participer à l’édification de la société québécoise, encore faut-il leur donner les moyens de mettre à profit leurs compétences et leur expérience. L’immigration repose sur un pacte moral : l’immigrant a le devoir de respecter les valeurs de la société d’accueil et de tout faire pour s’intégrer ; le gouvernement, en revanche, a la responsabilité de lui apporter tout le soutien nécessaire.

Selon les dernières données, la population québécoise issue de l’immigration cumule un taux de chômage plus élevé que l’ensemble de la population. Il se situe à 11,2 %. Il est encore plus élevé pour les Québécois ayant immigré au cours des cinq dernières années et plus encore pour les Québécois issus des minorités visibles. Le taux d’activité est également plus faible, particulièrement pour les femmes. Or, on sait que l’intégration des femmes immigrantes est liée à leur participation à l’économie du Québec. En permettant aux immigrants d’occuper un emploi à la mesure de leurs compétences professionnelles, on brise l’isolement. Or, les Québécois sont très clairs à ce sujet : ils désirent une société unie, à l’opposé du modèle du multiculturalisme canadien.

 

POUR UNE POLITIQUE DE FRANCISATION PLUS MUSCLÉE

C’est pourquoi, à la Coalition Avenir Québec, nous plaidons pour une politique de francisation plus musclée. Environ 40 % des immigrants admis au Québec n’ont pas la connaissance de la langue française. De ce nombre, seulement le tiers participe à des cours de francisation dans les deux premières années suivant leur arrivée, selon le plus récent rapport du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion. Remarquons que l’objectif déjà peu ambitieux qui avait été fixé par le ministère (36 %) n’est même pas atteint.

En novembre dernier, notre chef, M. François Legault, a présenté notre politique de nationalisme d’ouverture, qui comprend notamment le rapatriement des pleins pouvoirs en immigration. La mondialisation favorise l’augmentation des flux migratoires partout en Occident, et on ne peut que s’en réjouir. Mais l’angélisme et l’attentisme auxquels nous a trop souvent habitué le Parti libéral ne sauraient être une option. Il faut une politique responsable et réaliste qui respecte les capacités d’accueil réelles de notre société québécoise.

Une chose est certaine : sans volonté claire, nous n’arriverons à rien de valable. À nous de se réinventer et de relever ce nouveau défi dans l’intérêt de tous les Québécois, en n’hésitant pas à affirmer nos valeurs et à entreprendre, en toute solidarité avec les nouveaux arrivants, un nouveau chapitre de notre aventure collective.