Opinion

Pomper les Québécois jusqu'au dernier dollar


Pomper les Québécois jusqu’au dernier dollar

Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis levé au Salon bleu dans la dernière année pour exiger du ministre des Finances qu’il tienne parole sur un engagement clair formulé par son chef, qui allait devenir le premier ministre du Québec, lors de la campagne électorale: celui de ne pas hausser le fardeau fiscal des Québécois.

Près de deux ans après l’élection du Parti libéral, force est de constater que cet engagement n’a pas fait long feu. Le fardeau fiscal des familles québécoises a beau avoir augmenté de plus de 1 500 $ en moyenne, le ministre des Finances, Carlos Leitão, refuse toujours formellement d’écarter une nouvelle hausse de la taxe sur l’essence au Québec au cours du mandat libéral.

Au-delà de la conjoncture mondiale, l’économie du Québec fait face à de grands défis. L’Institut de la statistique du Québec nous confirmait récemment que nous étions bons derniers au Canada pour le revenu disponible par habitant. Dans ce contexte, certains diront que la baisse du prix du baril de pétrole pourrait permettre à certaines familles de souffler un peu plus, puisque le prix à la pompe a baissé. Mais parce que nos taxes sur l’essence sont plus élevées qu’ailleurs, même ce phénomène ne bénéficiera pas autant aux Québécois qu’aux autres. Notre revenu disponible n’augmentera pas autant qu’ailleurs.

En plus, les libéraux parlent même d’ajouter une autre taxe sur l’essence. Il faut être complètement déconnecté pour proposer une taxe supplémentaire sur l’essence. Le Parti libéral cherche par tous les moyens possibles de tirer plus d’argent des poches des Québécois, y compris par l’imposition d’une taxe supposément verte.

Encore et toujours le contribuable

Québécois, attachez bien votre ceinture, car le siphonnage est malheureusement loin d’être terminé. Les réponses évasives du ministre Leitão me laissent malheureusement croire que l’essence ne sera pas épargnée lors du prochain budget et qu’une taxe déguisée sera bel et bien imposée.

Depuis des mois déjà, la CAQ se désole de constater que les automobilistes québécois, et particulièrement ceux de la région de Montréal, sont ceux qui paient le plus cher leur essence en Amérique du Nord. Ce triomphe n’est pas seulement peu enviable, il est honteux.

Ce que les libéraux refusent de réaliser, c’est que malgré la baisse du prix de l’essence, pour plusieurs familles du Québec, le simple fait de remplir le réservoir à essence de leur voiture crée un énorme trou dans leur portefeuille. Principalement en raison des hausses répétées de la taxe sur l’essence, appliquées par les libéraux durant leurs douze années de gouvernement.

La raison est fort simple : taxes par-dessus taxes !

Malgré de timides explications publiques du gouvernement, plusieurs Québécois ont encore peu conscience de l’importance des taxes dans le prix qu’ils paient à la pompe. Comprendre les causes des fluctuations quotidiennes des prix à la pompe est un exercice impossible. Après tout, les pétrolières font ce qu’elles veulent. Mais le prix à la pompe n’est qu’en partie la responsabilité des pétrolières.

Il se calcule en ajoutant au prix de base cinq taxes : la taxe d’accise fédérale, la taxe provinciale sur les carburants, la taxe carbone, la taxe sur les produits et services (TPS) et la taxe de vente du Québec (TVQ). Ça commence à faire pas mal de taxes ! Voir le Québec atteindre des sommets de taxation pareils est d’une tristesse sans mot.

Prenons un exemple concret. Lorsque le litre d’essence est affiché à 107,6 cents le litre à la station-service du coin, les taxes imposées par Québec s’élèvent à 33 cents le litre, soit 31 % du prix à la pompe.

Quand on se compare, on se console, dit le proverbe ? Pas sûr ! Nos voisins ontariens, eux, ne sont soumis qu’à trois taxes, tout en étant bien moins imposés. Ainsi, pour un même plein en Ontario, les automobilistes paieront en taxes 25,7 cents le litre, 12 cents de moins qu’au Québec.

Le gouvernement libéral ne semble pas réaliser l’impact considérable qu’une nouvelle taxe sur l’essence représenterait pour une famille québécoise. Nous n’avons calculé qu’une hausse de la taxe sur l’essence de seulement 2 cents le litre force une famille québécoise à débourser un coût annuel de 3 956 $ en essence, par année ! Et la part attribuable aux taxes imposées est révoltante : 1 796 $ ! Rien ne justifie ces taxes abusives pour les Québécois !

Vous me direz très probablement que le Québec devra s’affranchir de sa dépendance au pétrole. J’en conviens. Malgré la volonté des Québécois de réduire leur dépendance au pétrole, soyons réalistes : ce n’est pas demain la veille que les Québécois tourneront le dos à cette énergie, devenue partie intégrante de notre vie quotidienne. Il est idéologique de penser que la réalité des familles québécoises leur permet de se tourner du jour au lendemain vers le transport collectif et d’abandonner la voiture. La CAQ adhère à l’idée d’un Québec plus vert, mais le chemin pour y arriver ne doit pas relever de la pensée magique. En attendant ce virage, il faut cesser de prendre les automobilistes en otage.

Malgré ses nombreuses promesses en campagne électorale, le gouvernement Couillard continue de piger dans les poches des contribuables et à augmenter le fardeau fiscal des Québécois.

Carlos Leitão doit faire marche arrière, une fois pour toutes, et admettre haut et fort qu’il n’imposera aucune taxe supplémentaire durant le reste du mandat libéral.