Opinion

Lettre ouverte de Mathieu Lemay


Lettre ouverte de Mathieu Lemay

Le dossier de l’aéroport de Mascouche a interpellé de nombreux acteurs et a fait réagir les diverses parties, autant celles en faveur que celles en défaveur du projet. Suite aux récents développements et aux différentes décisions judiciaires qui en sont découlées, il m’apparaît pertinent de clarifier ma position sur le sujet afin que certains acteurs ne me méprennent pas et comprennent mon implication dans le dossier.

Tout d’abord, lorsque j’ai été élu en 2014, c’était pour représenter tous les citoyens et citoyennes de la circonscription de Masson, ce que je m’efforce de faire depuis déjà plus de deux ans. De par ma place au sein du caucus de la Coalition Avenir Québec, j’ai eu l’honneur de me voir attribuer certaines fonctions parlementaires, notamment celles de porte-parole en environnement et développement durable et responsable de la région de Lanaudière; considérant mes fonctions ainsi que mon passé professionnel soucieux de créer et d’améliorer des procédés viables et verts, il m’a toujours été essentiel de défendre l’environnement et de conserver un esprit de développement durable.

Ainsi, ma position a toujours été claire quant à ce nouvel aérodrome : je suis en accord à ce que Mascouche ait son aérodrome, mais pas à n’importe quel prix. La question n’a même jamais été de savoir si l’on était pour ou contre cet aérodrome, mais plutôt de savoir où serait-il situé et si la relocalisation se ferait dans le respect des lois environnementales du Québec, ce qui n’est évidemment pas le cas actuellement.

Le juge de la Cour supérieure, lors du jugement du 1er février dernier, a décidé de rejeter l’injonction de la ville de Mascouche sous prétexte notamment que la loi fédérale sur l’aéronautique s’applique sans tenir compte des lois environnementales provinciales; le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a donc donné son accord à ce projet sans tenir compte des enjeux environnementaux du territoire visé, sans même demander la tenue d’un BAPE, finalement sans connaître la réalité de notre territoire local. Le gouvernement Trudeau se voulait pourtant un gouvernement de changement par rapport à l’inaction environnementale de son prédécesseur, mais il semblerait que son ministre ne partage pas le même engouement pour le développement durable.

Le ministre québécois de l’environnement a décidé de porter ce jugement en appel et je n’en attendais pas moins de sa part : c’est son rôle de s’assurer du respect de l’environnement. On doit protéger ces milieux humides et corridors forestiers protégés par la Communauté Métropolitaine de Montréal qui sont déjà en diminution constante au Québec afin de ne pas créer de préjudices et en assurer leur viabilité.

Il n’y a pas que l’environnement qui est au cœur de ce débat: il y a aussi l’acceptabilité sociale. Ce projet tel que présenté ne fait définitivement pas preuve d’acceptabilité sociale. Des acteurs de tous les paliers gouvernementaux, du municipal jusqu’au fédéral, se sont prononcés contre cet aérodrome. De plus, de nombreux citoyens du district #2 de Mascouche, dans lequel serait construit l’aérodrome, me contactent pour me faire part de leur crainte et de leur mécontentement envers cet aérodrome qui aurait plusieurs conséquences pour eux.

Le troisième pilier du développement durable étant le volet économique, il est évident que je soutiens la croissance économique de notre région. Je suis fier de supporter les entrepreneurs, surtout lorsqu’ils sont d’excellents citoyens corporatifs.

Enfin, la population de Mascouche a besoin d’être rassurée. Notre qualité de vie passe par l’acceptabilité sociale des projets et le respect de nos normes environnementales. le gouvernement fédéral ne peut pas ignorer ces aspects. Le ministre Garneau doit lui aussi écouter notre population.

En tant que député, je souhaite que nous ayons une région prospère, viable et où le développement durable est primordial. C’est pourquoi je dis :

Oui pour un aérodrome à Mascouche-Terrebonne,  mais pas sans l’évaluation et l’examen des impacts sur l’environnement.