Opinion

Déversements de diesel dans des centrales hydroélectriques : Les libéraux carburent au manque de transparence!


Déversements de diesel dans des centrales hydroélectriques : Les libéraux carburent au manque de transparence!

C’est finalement les contribuables québécois qui risquent d’essuyer les dégâts du désastre environnemental causé par le déversement de 100 000 litres de diesel, le 11 septembre 2014, au port de Cap-Aux-Meules aux Iles-de-la Madeleine.

Le ministre de l’Énergie, Pierre Arcand, a tout simplement refusé d’écarter ce scénario lorsque je l’ai interpellé mercredi matin, à l’occasion de la période des questions à l’Assemblée nationale.

Pourtant, je lui ai rappelé que les Madelinots se souviennent très bien de la visite éclair qu’avait effectuée Thierry Vandal, alors président et directeur général d’Hydro-Québec, quelques jours après le déversement. Il leur avait présenté ses excuses, en plus de spécifier que la société d’État prenait l’entière responsabilité du déversement, dont les travaux de décontamination sont estimés encore à ce jour à 20 millions de dollars.

Or, la société d’État a déposé un rapport à la Régie de l’énergie, en juillet dernier, pour obtenir la permission de refiler une facture de 20 millions de dollars aux consommateurs. Ce n’est pas vrai que les Québécois vont passer à la caisse et payer pour l’incompétence et la négligence d’Hydro-Québec!

Justement, on apprenait cette semaine dans certains médias qu’un rapport de mise en garde avait été transmis à Hydro-Québec peu avant l’incident concernant l’usure de son oléoduc de Cap-aux-Meubles.

Au Salon bleu, j’ai directement questionné le ministre de l’Énergie, Pierre Arcand, sur cette mise en garde. À quelle date le ministre a-t-il a obtenu une copie? Est-il prêt à le rendre public dès aujourd’hui? Le ministre a refusé de donner suite à mes requêtes, malheureusement.

Surtout, je souhaite savoir de la part de Pierre Arcand si la mise en garde a été ignorée. Notre bureau de la recherche a fait une demande d’accès à l’information, qui révèle que la centrale de Cap-aux-Meubles a été le lieu d’un déversement de 20 litres en 2013, soit un an avant l’importante fuite de 100 600 litres. Est-ce que des failles sur la structure étaient déjà connues en 2013? Aurait-on pu éviter le déversement de diesel en septembre 2014? Le ministre de l’Énergie doit faire la lumière sur ces événements dans les plus brefs délais.

Pendant mon échange avec le ministre Arcand, je lui ai rappelé que le nouveau président et directeur général, Éric Martel, a promis, main sur le cœur, qu’Hydro-Québec monterait patte blanche à l’avenir. On constate que la transparence ne fait toujours pas partie de la société d’État. Encore aujourd’hui, on refuse de déposer tous les rapports liés au déversement des Îles-de-la-Madeleine, notamment l’enquête du ministère de l’Environnement, qui indique que les preuves sont assez importantes pour que des accusations soient portées par le Directeur des poursuites criminelles et pénales, ainsi que la mise en garde qu’aurait reçue Hydro-Québec.

Pour la transparence, on repassera, Monsieur le ministre…

Chantal Soucy
Députée de Saint-Hyacinthe et porte-parole de la Coalition Avenir Québec en matière d’énergie