Opinion

En 2018, l’assainissement de nos cours d’eau doit devenir une priorité


En 2018, l’assainissement de nos cours d’eau doit devenir une priorité

Dans une lettre ouverte publiée le 28 mars dernier dans le Journal de Chambly à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, le président de la Fondation Rivières, Alain Saladzius, déplorait une dérive en matière d’assainissement des eaux, soit l’absence d’actions prises ces dernières années pour assainir les cours d’eau du Québec. Pourtant, «pour peu qu’un budget supplémentaire y soit dédié, le travail peut être plus rapidement accompli», affirmait-il. Je suis d’accord. 

En 2016, j’ai tenu, conjointement avec le Comité de concertation et de valorisation du bassin versant de la rivière Richelieu (COVABAR), une activité régionale portant sur l’assainissement de la rivière Richelieu et du Bassin de Chambly. Les constats qui y ont été dressés vont en droite ligne avec les propos de M. Saladzius : malheureusement, et ce malgré que notre eau potable soit notre plus grande richesse, trop peu a été fait ces dernières années pour stopper la dégradation de nos cours d’eau potables.

Juste ici dans la Rivière Richelieu et le Bassin de Chambly, qui sont une partie intégrante de notre identité régionale, les dernières données disponibles, qui datent de 2016, dressent un bilan bien peu reluisant : pas moins de 2527 surverses se sont produites au cours de cette année. Le fait que le ministère de l’environnement tarde à rendre disponibles les données plus récentes ne laisse en rien présager que le portrait se soit amélioré depuis.

Comme le mentionne M. Saladzius dans sa lettre, les infrastructures de traitement des eaux de plusieurs municipalités riveraines, déjà sous pression dû à leur désuétude, doivent composer en plus avec une demande constamment plus grande en raison de la croissance démographique.  Dans plusieurs cas, ces systèmes ne séparent pas les eaux usées des eaux pluviales. Résultat : à la moindre pluie, des eaux d’égouts se déversent directement dans nos cours d’eau et ce, sans traitement préalable. Que nous soyons encore réduits à rejeter nos déchets dans nos lacs et nos rivières en 2018, à l’heure où l’eau potable se raréfie dans le monde, est tout simplement inacceptable.

Depuis que je suis député, je me fais un devoir d’accompagner les municipalités de ma circonscription dans leurs demandes de mise à niveau de leurs infrastructures de traitement des eaux usées. Mais la réalité, malheureusement, c’est que la volonté politique du gouvernement du Québec dans ce dossier, ainsi que les moyens financiers, manquent cruellement.

En 2016, réunis en Conseil national, les membres de ma formation politique, la Coalition Avenir Québec, ont officiellement adopté  une résolution faisant de l’assainissement des cours d’eau du Québec sa priorité nationale en matière d’environnement. Ils ont également adopté, à la même occasion, une résolution demandant à un gouvernement de la CAQ de transformer le Fonds Vert en Fonds Vert et Bleu, afin de permettre, via ce fonds déjà existant, le financement de projets visant à prévenir et à lutter contre la dégradation de nos cours d’eau.

Depuis ce temps, notre équipe à Québec, menée par notre porte-parole en matière d’Environnement Mathieu Lemay, travaille activement à un ambitieux plan d’assainissement des cours d’eau du Québec. Celui-ci devrait d’ailleurs être dévoilé sous peu.

Mais au final, peu importe les moyens adoptés, et peu importe la couleur du futur gouvernement, celui-ci devra mettre les bouchées doubles pour rattraper des années de laxisme en matière de protection de notre eau potable. En 2018, il est de notre devoir de mettre fin à cette dérive inacceptable.