Subvention accordée à un proche de Lessard : La CAQ réclame deux enquêtes


 Publié le 8 septembre 2016

À la suite des révélations concernant l’octroi d’une subvention gouvernementale à une entreprise dirigée par un proche collaborateur du ministre Laurent Lessard, alors qu’il était toujours à son emploi, la Coalition Avenir Québec réclame la tenue de deux enquêtes pour que toute la lumière soit faite sur le dossier : une du commissaire à l’éthique et à la déontologie, Jacques Saint-Laurent, et une autre du commissaire au lobbyisme, François Casgrain.

Une fois de plus, le gouvernement Couillard se retrouve en situation d’apparence de conflit d’intérêts, fait savoir le député et porte-parole de la CAQ en matière de justice, Simon Jolin-Barrette. Il rappelle qu’Yvon Nadeau a occupé les fonctions de conseiller politique du ministre des Forêts, Laurent Lessard, entre mai 2014 et mai 2015… tout en étant également président, directeur général et principal actionnaire de l’entreprise Pyrobiom Énergies, depuis septembre 2013. M. Nadeau a donc occupé simultanément ces deux fonctions, souligne le caquiste.

« Ces faits soulèvent des questions très sérieuses. Nos règles déontologiques et éthiques sont claires, à savoir que le membre du personnel d’un cabinet de ministre ne peut se placer dans une situation de conflit entre son intérêt personnel et les devoirs de sa fonction. Or, les faits sont inquiétants : M. Nadeau fut non seulement conseiller politique du ministre Lessard et dirigeant d’une entreprise œuvrant dans le secteur de l’énergie et des forêts, il a mandaté un lobbyiste pour faire pression auprès de son propre ministère en vue de l’obtention d’une aide gouvernementale. Collaborateur et conseiller direct de Laurent Lessard, Yvon Nadeau pourrait avoir bénéficié d’information privilégiée et a possiblement tiré des avantages indus de cette situation particulière. Il est impératif de savoir le rôle précis joué par Laurent Lessard dans ce processus d’obtention d’aide gouvernementale. Les Québécois ont droit à la vérité », déclare Simon Jolin-Barrette.

Le député de Borduas ne peut s’empêcher de constater qu’une fois de plus, la ligne est bien mince lorsqu’il est question d’éthique avec ce gouvernement. Il rappelle que le premier ministre avait promis de faire les choses différemment, mais il cautionne encore et toujours les vieilles façons de faire libérales, qui viennent nuire à des projets économiques, déplore M. Jolin-Barrette, qui espère que Philippe Couillard n’attendra pas la fin des enquêtes pour faire preuve de leadership et obtenir des comptes de son ministre des Transports. « Le Parti libéral est une fois de plus hanté par les mêmes controverses éthiques qu’on lui reproche depuis des années. Il est tout simplement incapable de s’en défaire. On comprend qu’encore une fois, les intérêts du Parti libéral passent avant ceux des Québécois pour ce gouvernement. Les Québécois en ont assez des scandales et des ministres épinglés pour leur manque d’éthique. Il est impératif que le commissaire à l’éthique et à la déontologie et le commissaire au lobbyisme se penchent sur cette affaire afin de réparer le lien de confiance avec les citoyens, mais j’espère que le premier ministre a minimalement déjà convenu d’une rencontre avec Laurent Lessard », conclut Simon Jolin-Barrette.